Le premier Outward, sorti en 2019, s’était forgé une solide réputation de « simulateur de galères » particulièrement gratifiant. En nous glissant dans la peau d’un aventurier parfaitement banal soumis à la faim, aux maladies et à rudesse du monde, le studio québécois Nine Dots avait séduit plus de trois millions de joueurs. Autant dire que cette première version bêta d’Outward 2, qui pave la voie vers son Accès Anticipé, était attendue au tournant par les amateurs de survie hardcore.
Au premier contact, le constat est évident : Outward 2 est plus beau. Les environnements d’Aurai profitent d’effets de lumière retravaillés, de textures plus fines et d’un cycle saisonnier dynamique prometteur. C’est plus joli, certes, mais c’est aussi la moindre des choses quand on sait que le premier opus est sorti il y a sept ans.
Cette refonte visuelle sert surtout l’immersion, notamment lors des tempêtes nocturnes où la visibilité tombe à zéro. Elle renforce l’importance vitale d’avoir une lanterne sous la main. Si cela semble relever du détail, c’est pourtant un progrès capital dans un univers qui se veut aussi concret et palpable.
Malheureusement, dès les premières minutes, on réalise que les vieilles habitudes ont la vie dure. Le jeu propose un tutoriel complet accessible depuis le menu principal une sorte de zone d’exploration « hors jeu » censée expliquer des concepts complexes comme la magie par rituels (où il faut combiner des éléments au sol pour lancer un sort). En pratique, ce tutoriel s’avère toujours incapable d’enseigner quoi que ce soit de manière fluide.
Les explications sont denses, l’ergonomie des menus à la manette est laborieuse, et un néophyte s’y perdra instantanément. Nine Dots refuse toujours de vous prendre par la main, quitte à laisser la porte d’entrée fermée à double tour.
Outward 2 reste du Outward !
La philosophie de la licence n’a pas bougé d’un iota : ce sentiment de « justice sèche » qui punit lourdement le joueur mal préparé ou un peu trop chargé donne d’emblée l’impression d’un titre difficile et violent. Pour quiconque confondrait Outward 2 avec un Dark Souls, le moindre groupe de bandits se chargera de briser ses illusions en trois coups de dague. Un constat vastement différent pour le joueur plus terre à terre, qui aura pensé à des détails basiques comme retirer son sac à dos avant d’engager le fer.
Le système de combat a gagné en nervosité avec l’apparition d’un double système d’esquive (un petit pas vif combiné à la roulade traditionnelle), mais la gestion de l’endurance et de la jauge d’impact reste impitoyable. Les ennemis font preuve d’une agressivité rare et récupèrent leur posture à une vitesse parfois frustrante.
Heureusement, la mort définitive n’existe pas. Si vous perdez un combat, un « scénario de défaite » aléatoire se déclenche : vous pouvez être secouru par un habitant ou, à l’inverse, vous réveiller dépouillé au fond d’une mine dont il faudra vous évader. Cette exigence permanente est compensée par une montée en puissance théoriquement satisfaisante.

Le nouveau système d’exercices permet de débloquer des compétences passives de manière organique, selon votre façon de jouer. De plus, la préparation minutieuse reste la clé du succès : cuisiner un ragoût pour régénérer sa santé ou boire de l’eau pour booster son endurance de 40 % transforme radicalement l’issue d’un affrontement, nous faisant passer du statut de proie fragile à celui d’aventurier aguerri.
Ce statut de bêta reste cependant difficile à juger de notre côté. Nous avons été confrontés à de nombreux bugs qui ne passeraient pas dans une version payante et qui nous empêchent d’être totalement impartiaux. D’autant plus que l’interaction entre le joueur et l’interface s’avère souvent grinçante, à l’instar du premier épisode.
Par exemple, nous nous sommes retrouvés incapables de changer d’arme, contraints de jouer avec une masse et un bouclier dans un titre qui promeut pourtant un tout nouveau système d’ambidextrie et une plus grande fluidité dans les styles de combat… Dommage.
Cette bêta d’Outward 2 souffle le chaud et le froid. S’il est indéniable que le titre progresse graphiquement et approfondit ses systèmes de jeu, il traîne encore les défauts inhérents aux productions du studio. L’expérience est actuellement entachée par des soucis d’optimisation, des crashs et des comportements d’IA erratiques. Tout l’enjeu de notre futur test résidera dans la disparition totale de ces frictions d’ici la sortie finale.
Nine Dots Studio ne cherche pas à plaire à tout le monde. Si vous avez aimé le premier volet, cette suite s’annonce comme sa version sublimée, ce qui est plutôt bon signe. Pour les autres, il faudra s’armer d’une patience infinie pour apprivoiser un monde qui ne vous veut définitivement pas du bien.

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