Mauvaise surprise pour les joueurs ayant précommandé 007 First Light, et même pour tous les joueurs qui souhaitent y jouer sur PC : IO Interactive, qui signe et édite le jeu, vient, à quelques heures de la sortie, d’ajouter le service anti-piratage Denuvo. Si cela ressemble à une décision de dernière minute, ce n’est probablement pas le cas, mais peut-être une organisation destinée à ne pas perturber les précommandes et la promotion en amont du lancement du jeu.
Denuvo est en effet largement contesté, et si les joueurs avaient été informés bien plus tôt que 007 First Light en serait pourvu, on peut imaginer les campagnes sur les forums Steam et sur les réseaux sociaux pour contester la décision, perturbant alors la communication telle que décidée par l’éditeur.
Dernière minute ou plan originel, on peut de toutes façons se demander pour quoi un éditeur décide encore d’avoir recours au service. On l’a vu il y a tout juste quelques jours, l’absence de système anti-piratage et même la fuite une semaine avant la sortie du jeu n’ont pas empêchés Forza Horizon 6 d’être un carton sur Steam. Probablement, et de façon assez logique, parce que le jeu est bon, tout simplement.
Or, Denuvo participe à dégrader l’expérience. On se souvient du cas Resident Evil Village, devenu bien plus solide techniquement une fois que les pirates avaient fait sauter les verrous de Denuvo. Le système exige en effet des contrôles réguliers de l’intégrité du jeu, réclamant alors des ressources qui ne peuvent être allouées à autre chose, et privant ainsi le jeu d’une partie de la puissance de calcul. La question du pourquoi un éditeur se laisse encore convaincre d’implémenter le système dans son jeu reste posée, comme celle de la précommande d’un produit numérique.
Les joueurs qui avaient précommandé 007 First Light alors que le système Denuvo n’était pas annoncé pourraient se sentir « piégés ». Mais pourquoi précommander le jeu sur Steam alors que les pénuries sont impossibles ? Qu’est-ce que l’on cherche à « sécuriser » alors même qu’il n’y a aucun risque ? C’est une pratique commerciale qui nous échappe un peu…
Certes, l’éditeur tente de nous convaincre avec deux ou trois bonus cosmétiques in game, imitant maladroitement le principe des versions collector qui elles, peuvent être rapidement épuisées. Mais ces bonus numériques valent-ils le risque de la mauvaise surprise ? Si pour ce titre là en particulier, on a plutôt confiance, les grosses déceptions à la sortie d’un jeu, même très attendu, même signé d’un grand studio, sont légion : un Cyberpunk 2077 encore loin d’être achevé, et qui n’aurait peut-être pas dû sortir sur consoles de 8ème génération, un Redfall à qui il manquait une grande partie de son contenu, la catastrophe industrielle Suicide Squad: Kill the Justice League, ou encore la quasi-arnaque The Day Before, un temps vendu comme GTA-killer…
Autant de titres qu’on aurait pu précommander sur la fois de leurs promesses, mais qu’il aurait mieux valu n’acheter (ou pas) qu’en connaissance de cause, après leur sortie et la parution de critiques dans la presse spécialisée. Il n’y a de toutes façons plus que quelques heures à attendre pour 007 First Light, qui sort demain, 27 mai.

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