Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis qu’elle a remplacé Phil Spencer à la tête d’Xbox, Asha Sharma n’a pas chômé. Elle a annoncé entre autres la baisse du prix des abonnements Game Pass, affirmé sa volonté de faire revivre les jeux exclusifs et a offert les postes de l’équipe exécutive à ses anciens collègues de chez CoreAI. Cette semaine, le remaniement continue par l’embauche de Matthew Ball comme « chief stategy officer ».
Analyste et auteur du « State of Video Gaming » (rapport annuel populaire dans l’industrie), il a déjà collaboré avec Microsoft par le passé en tant que conseiller sur les stratégies entourant le Game Pass. Employer un tel profil pourrait assurer une meilleure appréhension du marché et permettre à la marque de revenir dans la course après un passage à vide.
Pour mieux vendre demain, mieux vaut regarder en arrière
Dans un article de Bloomberg, on en apprend plus sur la vision et les prérogatives de Matthew Ball. Il est intéressant de remarquer qu’une de ses priorités réside dans le renforcement et la stabilisation du marché des consoles Xbox.
Le but étant de renverser la tendance et de vendre davantage de hardware, une mission rendue difficile par deux éléments : le prix des composants qui ne cesse de grimper et la politique de « tout est une Xbox » qui a convaincu les joueurs que la console de Microsoft n’était qu’un accessoire. On se retrouve donc avec un parc de console dominé par Playstation, des prix en hausse et une impossibilité de renouveler les stocks limités de Xbox à moindre frais.
Même si la situation n’est pas idéale, Matthew Ball ne désespère pas et croit au pouvoir fédérateur des licences détenues par la marque pour permettre à la firme de remonter la pente, sûrement en gardant en tête la prochaine génération qu’incarne le projet Helix.
L’analyste avait déjà anticipé le retour en force des exclusivités qui semblent incarner le fer de lance des constructeurs pour les années à venir. Il souhaite donc naturellement remettre au goût du jour des sagas délaissées depuis trop longtemps. Pour lui, c’est un véritable vivier représentant des revenus potentiels s’appuyant sur les communautés de fans qui ont grandi en espérant un retour de leurs univers adorés.
Il cite Banjo-Kazooie, Viva Piñata et Blue Dragon : des exemples hétéroclites étonnants. Il est avéré que le premier dispose d’une sympathie auprès de la critique et des joueurs. Mais les autres, de par leur faible nombre d’exemplaires vendus, n’ont qu’une petite notoriété, voire ne sont que des curiosités partagées par les connaisseurs. Néanmoins, il n’est pas anodin d’avoir choisi des jeux du catalogue de la Xbox 360, console qui représente l’âge d’or de la marque, cela rappelle l’héritage imparfait qu’il doit faire fructifier.
Mais là encore, le défi est de taille. En dépit de l’importance considérable d’Xbox dans le paysage vidéoludique (acquisition des géants Mojang et Activision-Blizzard, ainsi que l’ensemble des Xbox Game Studios), ces dernières années peu de projets aboutissent.
Aujourd’hui, tout est à reconstruire
En effet, la période Spencer/Bond a vu la disparition de plusieurs studios importants et l’annulation de jeux en chantier poussant beaucoup de cerveaux à quitter le navire. Sea of Thieves reste le seul jeu de Rare (Banjo-Kazooie) depuis huit ans à cause de l’annulation d’Everwild. De plus, avec la fermeture du studio The Initiative, le reboot de Perfect Dark est tombé à l’eau.
Si on se base sur les déclarations des nouveaux dirigeants de chez Xbox, ces deux projets auraient été totalement en phase avec leur politique actuelle. Un manque à gagner à la fois pour l’entreprise qui va devoir réinvestir énormément d’argent pour relancer des projets similaires, mais aussi pour les joueurs qui n’auront pas la chance de tester ces jeux.
Malgré plusieurs milliers de licenciements, les Xbox Game Studios tiennent encore le coup et pourront être sollicités dans un avenir proche pour réanimer des licences mortes ou capitaliser sur les marques fortes de l’éditeur. En attendant que Matthew Ball fasse entamer un virage à l’entreprise, Obsidian, Double Fine et d’autres studios continuent de proposer leurs jeux et différents projets viendront ponctuer cette génération bien entamée.
Ce que beaucoup pensait être le début de la fin pour Xbox pourrait s’avérer être les prémisses d’un renouveau. Asha Sharma compose une équipe ayant du recule sur l’industrie et une volonté de proposer une expérience propre la marque au X. De quoi rassurer un peu les joueurs en attendant de voir les conséquences réelles de ces décisions.

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Al

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