Sega a rendu public son bilan financier annuel daté du 31 mars 2026 et il n’est pas très reluisant. La compagnie japonaise accuse le coup de mauvais choix stratégiques et financiers, mais elle se maintient grâce aux revenus importants, même si en dessous des prévisions, générés par ses licences fortes. La maison mère de Sonic a pris note de cette réalité et commence gentiment à revoir sa copie pour l’année prochaine, mais elle le fait dans un silence assourdissant qui pourrait inquiéter.
Annulation du « Super Game » : débrancher le projet avant la catastrophe annoncée
Pour que le projet « Super Game » nous soit familier, on se doit d’avoir suivi assidument l’actualité de Sega ces cinq dernières années. Ce FPS nappé de mystère devait repousser les limites de l’expérience de jeu traditionnelle. Une très grande ambition qui paradoxalement ne trouvait écho que dans les bilans financiers successifs de Sega et jamais dans les médias. N’étant même pas baptisé et prévu pour mars 2026, il était évident que l’avenir du jeu était compromis.
En quelques lignes on a appris que le « Super Game » était définitivement annulé puisqu’à l’avenir aucun autre frais n’est envisagé pour le projet, malgré les centaines de millions investis dans ce potentiel « game as a service ». On ignore encore à quel point il était avancé, mais on sait que l’équipe qui en était responsable servira à renforcer les autres studios qui planchent sur les jeux prévus pour la nouvelle année fiscale.
La décision d’annuler ce jeu-service FPS multijoueur incomberait aux faibles performances de Sonic Rumble Party et plus généralement de Rovio (Angry Birds) que l’entreprise a acquis il y a trois ans. Les sorties de plusieurs free-to-play auraient été repoussées et le studio subira une restructuration. Officieusement, il n’est pas à exclure que les dirigeants de Sega aient senti le vent tourner et qu’ils aient jugé plus sage d’éviter de subir un échec à la manière de Concord ou Highguard.
Un avenir tourné vers le passé
En dépit d’une perte nette de 31,6 millions de dollars pour l’année fiscale 2025, Sega aurait peut-être évité le pire en privilégiant des projets moins risqués pour l’année suivante. Les fans de Like a Dragon s’en donneront à cœur joie en jouant à Stranger than Heaven cet hiver, et pour le reste de l’année on sait qu’au moins trois autres jeux sont prévus parmi une liste de licences qui ont participé à la renommée de la marque.


Sega a décidé de moins s’éparpiller en se concentrant sur ce qui marche : entre janvier et mars 2026 ses quatre licences qui vendent le plus sont Like a dragon (1,38M), Sonic (990k), Persona (880k) et Total War (630k). Un résultat qui découle du choix de publier régulièrement des remasters et de se reposer sur un back catalogue riche, souvent mis en valeur par une communauté active de fans.
Le futur de la branche gaming de la firme se reposera donc sur des univers connus (Stranger than Heaven et Total War: Warhammer 40k), des suites (Alien Isolation 2 et Total War: Medieval III), des remakes (Persona 4 Revival) ou des reboots (Jet Set Radio, Golden Axe…). C’est ce dernier point qui soulève le plus de questions puisqu’on ignore encore la taille des projets concernant le retour des grands noms de la Mega Drive, la Saturn et la Dreamcast, sûrement issus du Sega Universe récemment annoncé.
C’est sans doute le succès de Street of Rage 4 qui a été un des déclencheurs de cette initiative visant à relancer des licences dormantes du catalogue de la marque. Cela a engendré le développement de Shinobi: Art of Vengeance, et d’autres projets devraient suivre sous forme de jeux, séries et films comme Golden Axe, OutRun ou Eternal Champions. Nous verrons bien si cette stratégie permettra à Sega d’améliorer ses résultats financiers…

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