Ce mercredi 17 juin, lors de la conférence State of Unreal à Chicago, Epic Games a détaillé sa vision pour l’avenir de son célèbre moteur graphique. Avec l’Unreal Engine 6, le studio ne promet pas une simple évolution technique, mais une refonte massive des fondements mêmes de son moteur. Cette nouvelle version actera notamment la fusion entre l’UE5 actuel et l’éditeur de Fortnite.

- Le passage au langage Verse : Le modèle de programmation du gameplay délaissera le traditionnel C++ au profit du langage Verse. L’objectif est de simplifier le développement et de faciliter la création d’expériences massives, persistantes, pouvant accueillir des milliers de contributeurs.
- Une interopérabilité totale : Le contenu et le code deviendront portables d’un jeu à l’autre grâce à des normes ouvertes, afin de permettre une plus grande collaboration entre les développeurs.
- L’intégration native de l’IA : Des connexions avec des modèles de langage comme Claude ou Gemini seront mises en place afin de multiplier la créativité et la productivité.
L’IA générative pour réduire les tâches chronophages
Ce troisième point est sans doute celui qui fera le plus couler d’encre. Epic Games a décidé de miser fortement sur les intelligences artificielles génératives pour accélérer la production. Le postulat étant qu’en déléguant la configuration complexe des niveaux, des systèmes de particules ou l’ajustement de l’éclairage à des IA, les développeurs pourraient se concentrer sur l’essentiel.
Pour illustrer cette intégration de l’IA générative, Epic a montré dans sa présentation une interface intégrant directement l’IA Claude. De simples requêtes textuelles ont suffi pour meubler instantanément un appartement virtuel (en piochant dans une bibliothèque d’assets). Une autre démo a montré comment modifier dynamiquement l’éclairage d’une scène urbaine en fonction de l’heure de la journée, toujours avec Claude ainsi qu’une photo statique servant de référence.
Des garde-fous pour rassurer les créateurs
Conscient que l’intelligence artificielle reste un sujet épidermique dans le milieu de la création, l’éditeur a tenu à poser des garde-fous communicationnels. Le message est clair : l’IA est là pour réduire le travail fastidieux et les tâches répétitives, mais les développeurs conserveront un contrôle total sur leurs créations et pourront retoucher manuellement chaque résultat généré. Pour clôturer sa présentation et tenter de calmer les débats, Epic Games a rappelé l’importance de l’humain dans le processus créatif :
« UE6 va changer beaucoup de choses dans la façon dont les jeux sont faits. Cela ne changera pas la chose qui compte le plus, à savoir le fait que ce sont des personnes qui finissent par faire ces jeux. »
La patience sera toutefois de mise pour les studios du monde entier. Un accès anticipé à l’Unreal Engine 6 est prévu pour la fin de l’année 2027, en attendant une version finale qui devrait voir le jour dans le courant de l’année 2029.

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