L’Arabie Saoudite continue de miser sur le jeu vidéo pour développer son soft power. Alors que le PIF est devenu le propriétaire majoritaire d’Electronic Arts depuis quelques mois seulement, le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite revient à la charge avec pour cible cette fois Unity. C’est à nouveau avec le soutien de la société d’investissement Silver Lake que le projet se construit.
Cette fois-ci, c’est vers un acteur en essor que se dirige le PIF : Unity a été approché peu de temps avant la sortie de son dernier bilan trimestriel. Et parler d’une bonne année n’est pas volé, puisqu’il s’agit du trimestre trois le plus rentable jamais vu par Unity, porté par Vector, son système IA de publicité.
Une affaire de famille ?
Silver Lake est un allié de choix dans cette transaction potentielle. La société connaît bien Unity, puisqu’elle en possède déjà 8% des actions depuis 2019, ayant déjà investi 400 millions de dollars. À ce moment, Unity était dans une passe compliquée. La firme était pleinement impliquée dans le développement de systèmes VR et AR, et avait besoin d’investissements pour se mettre dans une posture sécurisée du point de vue financier.
Si les investissements de 2019 avaient permis de maintenir Unity dans une situation confortable, ce n’est qu’à partir de 2023 que l’entreprise a commencé à être rentable, il a fallu attendre ce mois de novembre 2026 pour que cette rentabilité soit considérée incontestable. Silver Lake arrive donc sur un dossier bien connu, très différent de celui d’Electronic Arts.
On est moins sur une affaire de sauvetage médiatique. Unity a le choix et le temps. C’est pourquoi Reuters a bien présenté l’information mais il n’y a pour l’instant rien de définitif. L’entreprise est pour l’instant estimé à 25 milliards de dollars, cependant la firme prend le temps de considérer ses options, sans commenter l’affaire publiquement.
Une accélération des investissements saoudiens
Il est déjà habituel d’entendre parler de l’Arabie saoudite lorsqu’on parle des acteurs investissant dans le jeu vidéo. Cependant, il est clair que c’est une tendance de plus en plus importante. D’abord, il a été question de prendre quelques parts dans des acteurs majeurs de l’industrie tels que Nintendo ou Capcom. Puis, le Fonds d’investissement saoudien s’est tourné vers l’esport, pour lequel il est rapidement devenu un investisseur vital.

Maintenant, ce sont des acteurs considérables que le PIF souhaite s’offrir. Le mouvement n’est, certes, pas aussi impressionnant financièrement qu’Electronic Arts, Unity est un acteur essentiel : ses outils sont utilisés par plusieurs grands studios, un changement de main aurait forcément des conséquences étendues.
Alors que le deal vient tout juste d’apparaître comme une possibilité, difficile d’estimer dès maintenant qu’est-ce qui pourrait en émerger. Depuis son acquisition, les craintes émises au sujet d’Electronic Arts se sont concrétisées, avec une première vague de licenciements et la fermeture d’un studio historique. Pour l’instant, Unity est en bonne forme. Cependant, une sortie de la bourse est bien souvent la cause de nouvelles dettes.
En tous les cas, du point de vue des responsables saoudiens, le jeu vidéo est efficace pour faire passer au second plan les politiques autoritaires du régime local. Il n’y a qu’à voir l’évolution de l’attitude autour de l’EWC ces dernières années : d’un événement rejeté et boycotté par le public, il est clair que l’événement est de plus en plus considéré positivement, tant les acteurs du milieu ont besoin des moyens offerts par l’événement…

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