On le sait, on en parle toutes les semaines, l’industrie va mal. Cette fois-ci, c’est du côté des développeurs d’Unity que la sonnette d’alarme est tirée. Ce 16 avril, les développeurs de Unity Korea manifestaient : voilà plusieurs mois qu’Unity utiliserait des méthodes à la limite de la légalité pour pousser ses employés à la démission.
La réduction des équipes chargées du développement et du soutien de l’un des principaux moteurs de jeu de l’industrie n’est pas simplement locale, puisque déjà en janvier, la maison mère avait effectué une nouvelle vague de licenciements. Un peu plus tard, en mars, on apprenait que l’antenne française allait être fermée, laissant une centaine d’employés sans solution.
Quand Unity contourne la règle…
Les restructuration des antennes régionales suivent la même tendance que la maison mère. Le problème, c’est que tous les pays ne sont pas aussi permissifs que les États-Unis sur la question des licenciements. En Corée du Sud, le code du travail est très strict sur les licenciements, et Unity s’exposerait à de nombreux litiges si le studio choisissait de licencier simplement. Pourtant, d’après le syndicat des employés, les effectifs auraient été réduits presque de moitié.
Ces employés n’ont, en majorité, pas été licenciés. Ils ont, pour beaucoup, d’abord été mis en « stand-by ». Ils n’ont plus reçu de mission, puis, au bout d’un certain temps, ont vu leur salaire être réduit de 30%. Le syndicat qui a pris l’affaire en main explique que ce n’est pas anodin : dans le milieu de la technologie, être à l’arrêt de cette manière a de grosses conséquences, puisque les développeurs n’entretiennent pas leurs compétences ce qui a, forcément, des conséquences sur l’avancée de carrière.
Entre cette situation, la frustration et la pression sociale, les employés concernés ont fini, pour beaucoup, par démissionner d’eux-même. Légalement, ce n’est pas un licenciement, et Unity Korea ne risque, a priori, rien. Dans les faits, le résultat est le même qu’un licenciement pour l’employé.
Les syndicats estiment que dans le cas de Unity Korea, cette stratégie est déployée depuis décembre dernier. Parmi les secteurs les plus touchés, l’équipe chargée des relations avec les clients a été particulièrement affectée. C’est ironique : pouvoir créer un lien direct avec les utilisateurs locaux de Unity devrait précisément être l’intérêt premier d’une branche régionale.
En manifestant, les employés ont pris une position claire, reconnue par le studio. Toutefois, dans un communiqué, Unity Korea confirme maintenir sa position, et maintenir sa politique de gestion de ses employés. Dans le contexte coréen, il semble peu probable que l’affaire aille plus loin : si les actions de Unity Korea sont certainement peu morales, elles sont tout à fait légales.
Dans les faits, les divisions régionales ne représentent pas une priorité pour Unity qui, en quatre ans, a licencié près de 3200 employés au total, fermant des divisions entières du studio. En 2026, le studio cherche avant tout à stabiliser Unity 6, tout en cherchant à consolider la relation de confiance entre le studio et les utilisateurs du moteur, qui a été bien amochée en 2023, lorsque le studio avait souhaité modifier son modèle économique.

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