Les serveurs privés et World of Warcraft, c’est une relation toxique qui dure depuis des décennies. Il est presque normal pour un jeu à abonnement aussi fréquenté de se voir détourné de toutes les façons imaginables : que ce soit pour éviter de payer, pour retourner à une époque révolue ou, dans le cas présent, pour expérimenter au-delà de ce que Blizzard a pu proposer jusqu’à présent.
À l’instar de Project Ascension (et bien d’autres avant lui), Turtle WoW tente d’enrichir la formule Classic. On y trouve ainsi tout le contenu du jeu de base auquel s’ajoute la mise à jour Mysteries of Azeroth intégrant les Hauts-elfes et les Gobelins, mais également une plus grande variété de raids avec, entre autres, les cryptes de Karazhan. Plus tard encore le Cauchemar d’Ursol, un contenu entièrement original, agrémente le contenu de base avec encore de nouveaux donjons, raids et zones entières qui n’ont jamais été jouables dans le jeu de base de Blizzard.
Il ne s’agit pas ici d’une simple guerre entre une multinationale toute-puissante et un petit groupe de fans sympathiques. Turtle WoW traîne un passif assez lourd et des dizaines de raisons de se faire épingler : boutique en jeu (cash shop), publicités sur YouTube et provocations régulières sur les réseaux sociaux en sont de bons exemples. Dans ce contexte, l’intervention de Blizzard n’était qu’une question de temps, et ce avec une feuille de route pourtant chargée. Encore de nouveaux raids, de nouvelles zones et surtout une refonte totale du code pour porter le jeu sur Unreal Engine 5 : autant dire que Turtle WoW, malgré son illégalité, nourrissait de grandes ambitions.
Et maintenant ?
De nombreux internautes se moquent de cette injonction ; le projet n’étant pas basé aux États-Unis, les chances d’un démantèlement définitif semblent faibles. On pourrait imaginer que, si Turtle WoW venait à fermer, son code soit stocké quelque part pour permettre au projet de renaître tôt ou tard. Évidemment, cette option a déjà été balayée, puisque les administrateurs ont l’interdiction formelle de transférer le code à une tierce entité.
En revanche, ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est la volonté de Blizzard d’écarter toute concurrence : World of Warcraft aura-t-il enfin droit à ce Classic+ tant attendu ? C’est, en tout cas, ce que les WoW-stradamus tentent de laisser supposer. Pour le moment, les habitués du serveur sont dans l’expectative et la confusion. Il reste cependant peu d’espoir de récupérer l’argent investi : les administrateurs subissent une pression colossale et risquent des dizaines de millions d’euros d’amende.

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