Inresin est un développeur solo qui n’a à son actif que des prototypes, et dont on doit au moins reconnaître une passion certaine pour les environnements naturels. Avec un seul petit jeu nommé Avant-Garden publié sur Itch.io, Inresin se jette dans le grand bain avec Gecko Gods, une aventure à l’ambition plus grande nous offrant la joie de manipuler un gecko dans des environnements plus ou moins variés. Alors, premier succès ou premier échec ?
(Test de Gecko Gods sur PC réalisé à partir d’un code fourni par l’éditeur)
Shed of the Wild
On ne tarde pas à observer le plus point fort de Gecko Gods : son traversal, mot barbare englobant l’intégralité des moyens de déplacement du personnage qu’on incarne. Une palette de mouvements assez limitée, mais qui remplit néanmoins son office avec brio. Un saut, un dash, il n’en faut pas plus à notre petit gecko pour une raison très concrète : lézard oblige, on a les pattes qui collent. Faisant fi de toute gravité, notre petit avatar à quatre pattes motrices escalade, contourne et longe des pans entiers de murs ou de plafonds.
Il arrive qu’au détour d’un rebord ou d’une petite crevasse le reptile chute, ce qui est généralement sans incidence puisque notre personnage est plutôt rapide. On en viendrait presque à se demander pourquoi la gâchette permet de sprinter puisqu’elle passe la quasi entièreté du temps de jeu enclenchée.
Il faut en revanche souligner la gestion du joystick qui peut s’avérer insupportable tant le jeu ne perçoit pas de lui-même ce qu’il faut en faire, il n’est pas rare de se retrouver à faire des tours sur soi même en maintenant pourtant le joystick dans une seule direction.
Cette mécanique de traversal a été au centre du développement, cela se sent et s’apprécie au fil de l’exploration, aucun endroit ne semble réellement inaccessible. Le world building sous forme de différentes îles vient d’ailleurs corroborer ce sentiment, portant la marque du travail d’un seul développeur, tout en restant impressionnant de travail abattu.
Les mines de Gecko Moria
Côté Level Design, Gecko Gods est plutôt très bon, le titre est divisé en plusieurs îles de diverses tailles qu’il faut explorer jusqu’à compléter la petite (ou non) quête qui lui est associée. Cette dernière n’est généralement pas bien difficile à trouver, que ce soit par des dialogues, d’énormes rayons de soleil ou de câbles à suivre, il est assez rare de se perdre.
Sur chacune de ces îles se trouvent quelques collectibles sous forme de statuettes et d’insectes à gober, le second étant le plus intéressant puisque la faune et la flore y trouvent une certaine utilité. On peut également briser des vases qui nous octroient une monnaie servant à customiser son Gecko, mais on préférera généralement éviter d’avoir à tout fracasser.
C’est d’autant plus vrai qu’Inresin n’a intégré dans son jeu qu’un unique dash qui sert à se battre, briser des objets ou attraper des insectes, les combats s’en retrouvent assez peu transcendants à un point où on se demande s’il n’aurait pas valu la peine de les supprimer intégralement au profit d’un peu plus de peaufinage.
Sticky tongue for sticky bugs
Car oui, Gecko Gods est un peu décevant sur certains aspects, le premier étant sa finition globale. On ferme généralement les yeux, Inresin est seul sur le titre et nous n’avons pas croisé de bug bloquant, mais il n’empêche que certaines cabrioles nous sortent un peu de l’immersion. Des plantes qui flottent dans les airs, le gecko qui s’accroche à du vide, les textures qui bavent… Sur Steamdeck, un pc un peu moins puissant donc, on remarque même d’énormes carrés noirs qui remplacent les vfx de figurines ou de boules de feu, c’est un peu dommage.
Mais la problématique majeure qui revient régulièrement nous embêter, c’est ce même problème de gestion du joystick : la quasi totalité des interactions nécessitent de faire bouger le petit animal, le joystick nous joue donc parfois des tours rendant assommants certains passages.
Enfin, défaut ou non, Gecko Gods est assez inégal dans sa construction, trois îles franchement grandes et quelques toutes petites sur le côté mais tout de même dans la liste des cases à cocher pour terminer l’aventure. Les énigmes, triviales, sont généralement plutôt des milestones à compléter qu’un véritable challenge. N’aurait-il pas fallu s’élancer dans un seul monde unique en se concentrant sur l’exploration ?
Vous l’aurez compris à la lecture de ce test, Gecko Gods nous laisse un sentiment mitigé, toute sa construction nous laisse un goût d’expérience inachevée… Les différents artéfacts visuels et autres bugs n’arrangent pas cette appréhension.
Mais toute la construction du système de mouvement, bien qu’imparfaite, nous donne envie de lézarder à travers champs pendant des heures. Champs dont les paysages peuvent s’avérer particulièrement agréables à l’œil. Difficile donc de vous déconseiller entièrement l’aventure, notre rôle ici est plutôt de vous offrir une vue plus entière pour savoir dans quoi vous engagez votre temps.


