C’est fait : le nouveau contrôleur de Valve est entre nos mains. Il marque la première étape hardware de la stratégie de conquête du salon par Steam. Si l’on reste encore un peu circonspect quant aux objectifs réels de cette prise de position, l’attente n’en était pas moins fébrile. Affichée à 99 € en France, cette manette se positionne sur le segment premium sans pour autant atteindre les tarifs des modèles dits « pro », qui avoisinent souvent les 150 ou 200 €. Un entre-deux tarifaire qui intrigue d’emblée.
Évacuons tout de suite l’un des arguments de vente majeurs : les sticks magnétiques. Censés être immunisés contre le stick drift, ils s’avèrent très agréables à manipuler. Physiquement proches de ceux du Steam Deck, ils servent également de capteurs capacitifs pour déclencher le gyroscope.
On retrouve également quatre boutons à l’arrière des poignées. Bien que plus petits que sur la console portable de Valve, leur ressenti « clicky » est très satisfaisant malgré le fait qu’ils aient manifestement été conçus pour éviter les pressions accidentelles dues à la prise en main. Lors des premières heures sur des jeux déjà compatibles manette, l’accessoire se révèle classique, bien qu’assez silencieux. En main, les interactions rappellent une manette Xbox que l’on aurait dotée de la disposition symétrique propre à PlayStation. Une manette, en somme.
L’innovation du bout du doigt
Ce qui change radicalement la donne, ce sont les deux trackpads. Véritables concentrés de retours haptiques hauts de gamme, ils ne sont que de simples plaques inertes une fois l’appareil éteint. Mais dès l’allumage, tout change : sensation de clic physique, de défilement ou simulation d’une croix directionnelle… Le travail accompli ici fait de ces pads le cœur du hardware.
C’est une manette qui parvient enfin à simuler avec justesse la sensation d’une souris intégrée. Ne nous voilons néanmoins pas la face, ça ne remplacera pas une souris de jeu sur du contenu compétitif.
La boîte contient aussi un petit puck magnétique faisant office d’émetteur/récepteur et de câble de charge. Plus besoin de manipuler des piles ou de forcer sur un connecteur : Valve annonce 36 heures d’autonomie. Ce puck est un véritable atout en termes de confort de vie, notamment pour les joueurs en situation de handicap.
Enfin, Valve se distingue par sa gestion du gyroscope. Contrairement à la concurrence, il est ici utilisé activement pour affiner la visée, apportant la précision que le stick seul ne peut offrir. Cette solution, déjà éprouvée sur le Steam Deck, nous fait nous questionner sur son absence chez Sony et Microsoft. Car si cette fonctionnalité brille, c’est grâce à l’écosystème logiciel de Steam, qui reste l’argument de vente principal de l’outil.
Tout est dans la tête
Cri de Wilhelm au démarrage, intégration parfaite au mode Big Picture… Le Steam Controller chercherait-il à être la Tesla du périphérique ? Si la révolution logicielle est évidente, le hardware impressionne moins par son esthétique : finitions plastiques, vis apparentes et design un peu sobre. Pourtant, l’intérêt réside ailleurs : dans tout ce qui est déjà installé sur votre ordinateur.
C’est grâce à sa suite de configuration que le Steam Controller prend tout son sens. Jouer à Against the Storm avec une manette n’est toujours pas optimal (le jeu n’étant pas conçu pour), mais grâce aux configurations de la communauté, cela devient possible, imaginable et, par moments, franchement agréable. Steam offre une liberté totale pour mapper chaque touche vers un input clavier ou souris, ce qui permet à n’importe quel joueur d’adapter sa manette à son jeu et non l’inverse.
Il n’est même pas forcément obligatoire d’y passer beaucoup de temps à modifier chaque touche, certains l’ont déjà fait pour vous. Les différentes configurations de la communauté sont même classées par like et temps passé en jeu. Cela permet généralement de trouver son bonheur assez rapidement.
Au final, le Steam Controller pourrait être résumé à un Steam Deck sans écran. Léger, efficace et cohérent, c’est un périphérique qui sait où il va. Cette philosophie implique certes un aspect un peu plastique et nécessite un temps d’adaptation, mais ces compromis permettent à Valve de livrer un produit qui justifie largement son prix pour qui évolue dans son écosystème. Si Steam n’est pas votre tasse de thé en revanche… passez votre chemin.

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