Un an après la sortie du très bon et jouissif Doom: The Dark Ages, Bethseda et ID Software remettent le couvert avec un DLC gargantuesque proposant l’équivalent d’une nouvelle campagne et tout un tas d’ajouts pour le mode arène. Doom: The Dark Ages – Revelation est une suite directe de l’opus précédent et, pour tous les fans de Doom, l’expérience promet d’être riche en rebondissements et en développement de l’univers et de la mythologie du Doom Guy/Doom Slayer. Pour les autres, préparez-vous à un défouloir au cœur du purgatoire et des enfers.
Les développeurs ayant bien pris le soin d’apporter de nouvelles mécaniques dans la boucle de gameplay, Doom change, mais est-ce forcément pour le meilleur ? Á trop expérimenter et vouloir renouveler la formule, Doom reste-t-il Doom ?
(Test de Doom: The Dark Ages Revelations réalisé sur PlayStation 5 via une copie du jeu fournie par l’éditeur)
L’enfer n’attend pas !
Après avoir sauvé Argent D’Nur de la menace infernale qui pesait sur elle, le Doom Slayer poursuit sa traque. La Khan Maykr profite de la confusion politique grandissante dans le monde mère des Sentinelles pour tenter d’en reprendre le contrôle. Ne l’entendant pas de cette oreille et ne souhaitant pas s’allier avec les Maykrs, le Slayer décide de combattre seul le Haut Conseil démoniaque et de libérer définitivement le monde des Enfers.
Mais le passé, empreint de douleur et de culpabilité, rattrape notre héros, qui est désormais banni au purgatoire pour l’éternité. Allié à l’énigmatique Architecte, le Doom Slayer va devoir lever le voile sur son sombre passé pour triompher du Haut Conseil et s’imposer en tant que héros dans ce monde en proie à la guerre.
Doom: The Dark Ages – Revelations poursuit la ligne scénaristique du jeu original avec un récit délicieusement kitsch, s’inspirant des plus grandes séries B et Z du siècle dernier. Le Slayer est toujours, et plus que jamais, un grand bourrin prenant des décisions très souvent stupides, parfait mélange entre Stallone, Schwarzenegger et Blazkowicz de la série Wolfenstein.
Contrairement au Doom de 2016 et à Eternal, The Dark Ages avait la prétention d’avoir un scénario et un lore plus étoffés qu’à l’accoutumée. Revelations poursuit cette ambition et tente de raccrocher les wagons avec tous les autres jeux de la série sortis depuis 1993. Une fausse bonne idée, car elle perdra les joueurs néophytes, fera (probablement) lever les yeux au ciel les joueurs occasionnels et pourra décontenancer les fans de la série. Dans notre cas, nous avons trouvé la démarche gentiment stupide, mais elle témoigne d’un véritable amour pour la licence qui fait plaisir à voir.
La mort vient du ciel !
Dans Doom: The Dark Ages – Revelations, le Doom Slayer commence son aventure bien amoindri. Plus d’armure praetor, plus de bouclier-tronçonneuse et plus de casque dissimulant l’inquiétant minois du chasseur de démons. Il ne nous reste que notre arsenal bien fourni et une nouvelle arme qui nous est confiée par l’énigmatique Architecte. En lieu et place de notre bouclier, nous pouvons désormais nous servir d’une lance/chaîne nous permettant d’atteindre des endroits surélevés, mais également de nous accrocher aux ennemis pour virevolter autour d’eux et faire pleuvoir une farandole de balles sur les démons. La lance est également le moyen de dévier les fameuses attaques vertes des ennemis pour les renvoyer à leur propriétaire.
La lance possède son propre arbre de compétences, qui nous permettra de déverrouiller d’autres aptitudes impactant directement cette nouvelle boucle de gameplay. Car oui, Doom: The Dark Ages – Revelations ne se contente pas d’être une simple extension de la campagne principale. Le scénario nous amène dans de nouveaux décors, avec leur nouveau lot d’ennemis à affronter, et la lance/chaîne est un véritable plus qui renouvelle le plaisir de jeu.
Dans Doom: The Dark Ages, nous étions un véritable char d’assaut sur pattes avec notre bouclier et notre shotgun, dans Revelations la boucle de gameplay gagne en rapidité, en verticalité et en fluidité. Non pas que l’opus précédent en manquait, mais ce DLC fait la part belle au contournement, à la multiplicité des possibilités une fois que le bouclier revient dans l’équation, et aux chorégraphies de combat pouvant être réellement spectaculaires, rappelant celles de l’opus Eternal. Une fois le bouclier récupéré, le jeu ne nous encourage pas à adopter un style particulier, hormis dans le cas de quelques énigmes, nous pouvons jouer comme nous l’entendons. Berserker inarrêtable ou Slayer volant : le choix vous appartient !
Un nouveau terrain de jeu riche et qui pousse à l’affrontement
La nouvelle zone de jeu offerte par Doom: The Dark Ages – Revelations a des airs de metroidvania. Dans les anciens opus, nous pouvions nous perdre dans les différents niveaux à la recherche de pages de codex ou de secrets. Dans Revelations, la zone principale du Purgatoire comporte plusieurs endroits inaccessibles en début de partie qui nous demanderont de revenir une fois le bouclier obtenu et certaines améliorations acquises. Ces zones nous offrent la possibilité de trouver du platine (pour améliorer notre équipement), mais aussi toujours plus de pages de codex pour parfaire notre connaissance de l’univers Doom.
À noter que, grâce aux nouvelles compétences acquises par le Doom Slayer, le level design général s’autorise un peu plus de folie que dans The Dark Ages. Les plateformes flottantes sont de retour tout comme les différents points d’accroches nous permettant de virevolter dans tous les sens pour semer la confusion dans l’esprit des démons. Si nous restons de marbre, notre jauge de vie va bien vite descendre, et si The Dark Ages était déjà plutôt retors par moment, Revelations nous demandera de réviser nos cours avant de nous plonger dans la mêlée, les affrontements étant particulièrement nerveux et souvent longs nous demandant alors d’adapter parfaitement notre style de combat si nous souhaitons sortir vainqueurs du combat.
Terminons sur une autre excellente note : la bande son. Finishing Move Inc. reprend les partitions de The Dark Ages et les magnifie avec une brutalité certaine en remettant au coeur des compositions des sonorités industrielles et en effaçant quelque peu les tonalités médiévales, rappelant alors l’excellent travail de Mick Gordon sur les 2 premiers opus.
Doom: The Dark Ages – Revelations est une véritable réussite. Le DLC d’id Software propose un amalgame savoureux de tous les épisodes depuis celui sorti en 2016. En implémentant de nouvelles mécaniques à sa boucle de gameplay, mais également en revenant aux affrontements verticaux et délicieusement bourrins d’Eternal, Revelations montre que la licence, vieille de plus de 30 ans, en a encore sous le capot. Malheureusement, avec la situation actuelle d’id Software, ce The Dark Ages – Revelations sonne comme un chant du cygne pour la saga. Une délicieuse plongée dans la brutalité et la violence cathartique qui, espérons-le, aura encore de beaux épisodes à proposer à l’avenir. Doom est et restera éternel !


