Nous l’attendions avec une certaine appréhension, mais aussi avec une impatience non dissimulée : le dernier tour de piste du capitaine John Price et de sa force d’intervention TF-141. Call of Duty: Modern Warfare 4 est arrivé et, suite aux déceptions successives de Modern Warfare 3 et Black Ops 7, Activision et Infinity Ward avaient du pain sur la planche pour regagner la confiance des fidèles de la série, mais aussi des joueurs partis se battre aux côtés de ceux ayant choisi le camp Battlefield 6.
Retour réussi pour cette dernière incursion dans l’univers Modern Warfare ? Call of Duty: Modern Warfare 4 a-t-il ce qu’il faut pour être, à la fois, le nouveau souffle d’une saga qui commençait à se perdre et une bonne conclusion du reboot lancé en 2019 ?
(Test de Call of Duty: Modern Warfare 4 réalisé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur)
« On se salit les mains pour que le monde reste propre »
Call of Duty: Modern Warfare 4 commence après la fuite de Vladimir Makarov, responsable de la mort de John « Soap » McTavish, et le meurtre du général Shepard des mains mêmes de John Price. Le défunt gradé ayant trahi la TF-141 lors de son escapade mexicaine de Modern Warfare 2 et, par corollaire, provoqué la mort de Soap.
Devenu renégat, Price traque Makarov partout dans le monde, oubliant ce qui faisait de lui un soldat intègre. Alors qu’il se rapproche du but, les efforts conjoints du terroriste russe et de son mystérieux patron Archer permettent à la Corée du Nord d’envahir son voisin du Sud. John est alors forcé de collaborer avec une ancienne menace bien connue en la personne de Valeria pour retrouver l’homme à la tête de l’organisation de l’ombre et stopper cette invasion. Mais les méthodes peu conventionnelles de Price vont conduire Gaz et Ghost, ses anciens frères d’armes, sur sa piste…
Call of Duty est enfin de retour avec une campagne solo explosive qui nous ramène aux grandes heures de la saga. Mission: Impossible, Fallout, Sicario, John Wick ou encore les James Bond de l’ère Daniel Craig… Modern Warfare 4 puise ses inspirations et ses effets de mise en scène dans de grands noms du cinéma d’action et d’espionnage. Sans pour autant atteindre la finesse d’écriture d’un Taylor Sheridan (qui officiera sur le film Call of Duty), cette campagne ose en nous faisant incarner un hors-la-loi, un bleu devant empêcher l’invasion de son pays ou encore un soldat nord-coréen le temps d’une mission choc, miroir glaçant de l’actualité.
Les 16 missions qui composent le jeu se vivent comme un très bon blockbuster d’action, et c’est tout ce que nous sommes en droit de demander à une campagne de Call of Duty. Mention spéciale aux acteurs Barry Sloane et Maria Elisa Camargo, Price et Valeria, qui donnent encore plus de corps et d’intensité à cette campagne explosive.
Un gameplay efficace et renouvelé
Call of Duty: Modern Warfare 4 n’entend pas bousculer la recette qui a fait son succès, mais se permet quelques petites nouveautés qui dynamisent la boucle de gameplay. Pour coller à la mise en scène erratique et explosive qui nous fait sans arrêt bouger entre différents pays et situations, les nombreuses séquences d’échanges de coups de feu et de poursuites se vivent sans temps morts.
Ces dernières sont plus nombreuses et moins lourdes qu’auparavant. Dans Modern Warfare 4, nous pouvons nous battre en courant, glisser pour éviter les impacts ou encore bousculer les civils pendant les courses-poursuites. L’impression de suivre des balises de script est moins présente que par le passé, et les environnements, plus vivants que jamais, à l’image de la première séquence de poursuite prenant place dans une boîte de nuit new-yorkaise.
Pour ce qui est des affrontements, on constate deux avancées majeures par rapport aux derniers opus. La première concerne le combat au corps à corps. Désormais, ces combats se jouent avec deux touches : parer et attaquer. En parant au bon moment, nous pouvons contre-attaquer, et les enchaînements de coups réagissent à l’environnement ou aux armes que nous avons en main. Il est donc possible d’envoyer voler un ennemi par-dessus une balustrade ou de le faire basculer en arrière pour lui loger une balle dans le torse. Ce qui caractérise le plus cette nouveauté, c’est la brutalité et la rapidité.
La seconde nouveauté concerne le gunplay. En ouvrant le feu sur les cibles, les armes oscillent plus et les impacts se ressentent davantage. Les ennemis encaissent nettement moins que par le passé, tout comme nous. Sans atteindre le niveau de réalisme d’un Ready or Not, Call of Duty: Modern Warfare 4 a fait un bel effort sur sa mécanique principale et demande aux joueurs d’être un peu plus prudents qu’à l’accoutumée.
Tous ces différents ajouts et peaufinages de la boucle de gameplay donnent l’impression de réellement vivre l’expérience, à la manière d’un film. La mise en scène des différentes missions, couplée à ces légères, mais non négligeables, évolutions permettent à Call of Duty de se renouveler et de proposer un peu plus qu’un simple FPS que nous traversons en tirant à tout va. Le jeu est plus dur qu’auparavant, même dans les modes de difficulté les plus bas, et possède une petite dimension tactique qui manquait terriblement à la saga.
Une expérience Modern Warfare 4 complète
En plus de sa campagne captivante, Call of Duty: Modern Warfare 4 a d’autres très bons atouts dans sa manche : ses modes multijoueur et DMZ.
Le multijoueur n’est pas une nouveauté en soi, mais il se débarrasse d’une grande partie des faiblesses et autres points noirs présents dans Black Ops 7. Terminés les atouts et autres killstreaks qui parasitaient grandement les parties (comme les tirs du fusil qui pouvaient traverser les murs des cartes), ici nous sommes de retour à ce qui rendait les parties de Modern Warfare 1 et 2 si jouissives.
Les nouvelles cartes rappellent grandement celles des autres opus du reboot sans pour autant les recopier telles quelles, le fait de pouvoir se pencher au coin des murs sans devoir s’appuyer et donc être immobile ajoute une dimension plus rapide aux affrontements, et les différents modes de jeu (match à mort par équipe, domination…) permettent de varier les plaisirs.
Rien de bien neuf sous le soleil, mais le fait d’avoir effectué un retour en arrière sur certaines décisions prises dans les derniers opus permet de redynamiser et de rendre à nouveau amusantes les parties. Le seul petit grief que nous pourrions porter serait la gestion du SBMM mais cela disparaît assez tôt dans la progression et lorsque nous obtenons de nouvelles armes.
Enfin, le DMZ fait son grand retour après avoir été introduit dans Modern Warfare 2. Ce mode n’est rien de moins qu’un extraction-shooter sur une nouvelle carte, cette fois-ci en Corée du Nord. Dès le lancement de la première partie, nous avons droit à une petite séquence scénarisée, qui prolonge donc l’histoire de la campagne et nous demande d’aller enquêter sur des fuites radioactives et la perte d’un drone de surveillance. Notre soldat se fait prendre par l’ennemi et commence alors le vrai DMZ, en nous mettant dans la peau d’un opérateur devant prendre la suite de notre camarade disparu.
Contrairement à la cuvée Modern Warfare 2, le mode DMZ de cette année est nettement plus amusant et intéressant à parcourir. Moins désert, plus généreux en ressource, sa carte est aussi plus intéressante à explorer, mieux pensée. Les affrontements contre les PNJ mais aussi contre les joueurs sont plus stimulants et le fait de vivre dès le début un épilogue de la campagne nous force à fureter dans tous les sens pour trouver le moindre indice. Comme pour le mode multijoueur, appelez vos meilleurs compagnons de jeu et les heures passées sur ce mode vous paraîtront bien courtes.
Call of Duty: Modern Warfare 4 est un excellent épisode de la saga et l’un des meilleurs de la licence. Depuis l’opus de 2019, aucun autre épisode n’avait su nous captiver autant, qu’il s’agisse de sa campagne solo, de son multijoueur et des modes supplémentaires qui encouragent les joueurs à revenir encore et encore. Nous espérons que les prochains épisodes seront aussi peaufinés et riches en nouveautés. Modern Warfare se termine sur une très belle note et nous avons hâte de découvrir l’avenir de la licence. Bon vent, capitaine Price !


