Il n’est pas rare qu’un studio se spécialise sur un aspect particulier dans son art de développer des jeux vidéo, c’est même le cas de beaucoup d’entre eux puisqu’il est plus intéressant de capitaliser sur ces compétences rudement acquises plutôt que de repartir de zéro d’un point de vue économique. Cependant, il est assez rare de mettre la main sur un studio qui se base quasi uniquement sur son amour d’un seul et unique thème. Pour Funselektor Labs et son fondateur Dune Casu, ce thème, c’est la bagnole.
Avec un départ remarqué grâce à son projet étudiant, Dune Casu fonde son studio et publie Absolute Drift, art of rally et Golden Lap, trois titres qui explorent toutes les possibilités d’un cheval de plomb. Après le drift, le groupe B et le management, nous partons ici pour l’offroad à bord des 4×4 les plus légendaires des années 60-80. Prenez une place, on vous embarque !
(Test d’over the hill réalisé sur PC via une copie du jeu fournie par l’éditeur)
Le drift, la F1 et le groupe B
Dans la pure lignée des précédents titres du petit groupe, over the hill est un titre techniquement simpliste, mais visuellement imbattable, c’est l’avantage du low poly : on sait qu’il ne vieillira jamais et que ce petit jeu innocent sera toujours aussi beau dans vingt ans. Côté scénario aussi, on sait que ça ne vieillira pas puisqu’il n’y a pas vraiment de scénario.
Un bouddha étrange et gigantesque nous introduit aux quelques mécaniques de base que sont le treuil, le frein à main et la suspension avant de disparaître et de nous abandonner à notre seule tâche qui se suffit à elle-même : découvrir le monde.
Le principe est simple et pourtant rudement efficace, le 4×4 au centre de l’écran, une carte sous les yeux et en avant pour le voyage d’une vie. Aucune règle n’est imposée, on découvre la carte colline après colline en voyageant de checkpoint en checkpoint. Seuls phares dans la nuit, les campements visibles sur les pans de la carte qui n’ont pas encore été découverts servent de guide et de commodité : on peut s’y rendre en voyage rapide si on se trouve dans un pétrin malheureux.
Du Canada à l’Algerie
Au cours de l’exploration, on retrouve quelques activités assez basiques, des caisses à côté desquelles il faut passer, de véritables parcours de randonnée ou divers points de vue qui n’apportent rien d’autre que leur beauté. On trouve également parfois des animaux qu’il faudra éviter d’effrayer afin de les prendre en photo pour remplir un almanach du voyageur.
Toutes ces tâches permettent, à l’unité, de déverrouiller des cosmétiques à attacher à son véhicule, mais également une monnaie qui sert à améliorer de façon tangible son quatre roues motrices. Moteur plus efficace, portée du treuil améliorée et bien d’autres qui permettent d’offrir une première moitié de progression verticale au joueur qui en aurait besoin.
La seconde moitié de cette progression se situe dans le passage d’une zone à l’autre, cinq en tout, réparties entre le Canada et l’Algérie. Trouvez le point de passage d’une zone à l’autre pour la débloquer définitivement, une occasion de découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles conditions de route.
La balade au centre de tout
over the hill est un jeu qui mise avant tout sur son ambiance, on ajuste la bande-son à sa convenance, on se perd dans le brouillard matinal et on s’enlise dans la neige, c’est d’ailleurs indiqué en gros sur la page Steam : « L’essentiel, c’est le voyage. »
Une maxime qui n’a jamais été aussi vraie que dans l’œuvre de Funselektor Labs, de par l’absence d’objectif affiché à l’écran se crée une histoire. On parlait plus haut du manque de scénario, mais nous n’avions pas mentionné que cela représente la volonté claire et assumée d’épurer au maximum la formule pour tirer le saint nectar de cette huile moteur.
Seul ou à plusieurs, on roule dans une direction dont on ne sait rien encore, sans même savoir si le chemin qu’on prend nous y emmènera vraiment ou s’il faudra contourner une montagne. Puis quand il faut repartir, on quitte le jeu en sachant que n’importe quel campement sert de nouveau point de départ pour nos prochaines aventures.
La bagnole, la bagnole, la bagnole
Mais ce qui est le plus fou avec ce curieux titre, c’est le véritable amour pour l’automobile. Les plus fins observateurs auront peut-être remarqué la ressemblance entre notre 4×4 et le Land Rover Defender des années 90, vingt-deux véhicules directement inspirés de vrais modèles ayant chacun leur spécificité physique.
Certains sont plus efficaces en traction avant, d’autres sont plus hauts, il y en a pour tous les goûts. Quelques joueurs auront peut-être même ce petit brin de folie en activant la transmission manuelle, nous n’avons pas eu cette audace, joueurs occasionnels que nous sommes.
Nous sommes charmés, le design derrière over the hill est brillant, tous les choix ont été faits pour suivre cette maxime qui n’a jamais été aussi vraie qu’ici : « l’important c’est le voyage ».
Le titre est un bonbon, ce n’est pas vraiment une aventure, ni un parcours, c’est un petit monde à découvrir seul ou à plusieurs, à son rythme. C’est un titre dont le scénario est encore à parcourir et dont vous êtes au volant.


