Bien qu’on lise un peu partout que le Game Pass ne fonctionne pas et qu’il entrainerait Microsoft vers le fond, son modèle fait des émules (et on en parle pas ici de piratage – vous l’avez ?!). Apple et Google ont tous les deux leur « Game Pass » du jeu mobile, avec respectivement Arcade et Play Pass, le jeu (très) rétro a Antstream Arcade, certains éditeurs comme EA ou Ubisoft, proposent leurs services maison (EA Play, Ubisoft +)… Et aujourd’hui, c’est le jeu indé inclassable qui dispose de son propre service de jeu à la demande avec Playbill.
Le service est proposé par Pantaloon, spécialiste du jeu indé bizarre (c’est lui qui le dit, en arborant fièrement la devise « bold and bizarre games » !). Au départ, Pantaloon était une newsletter qui voulait mettre un coup de projecteur sur des jeux inclassables. Très vite, l’éditeur du bulletin est devenu éditeur de jeu vidéo, en signant des jeux qui correspondent à sa « D.A. ». Au catalogue de l’éditeur Pantaloon, on trouve ainsi It Takes a War, un faux-FPS à la Counter Strike qui se révèle très vite… autre chose (on ne spoile pas !), Boxroom, le jeu qui permet de ranger sa bibliothèque Steam, ou encore Offbeat, un jeu qui enseigne sans le faire exprès (quoi que…) les bases de la composition de musique electro.
Aujourd’hui, Pantaloon pousse la curation encore plus loin en proposant Playbill, un catalogue de jeux par abonnement, façon Game Pass, dans lequel on retrouve les jeux maison, mais aussi des titres sélectionnés pour leur alignement avec les « valeurs » de l’éditeur.
À l’heure actuelle, une vingtaine de jeux sont proposés aux abonnés, et le catalogue est annoncé comme évolutif. À la manière du Game Pass, on l’imagine, des jeux vont apparaître et d’autres disparaître au gré du temps. L’ abonnement coûte 5€ par mois, ou 50€ par an.
Pour ce prix, on peut jouer aux jeux cités ci-dessus, mais aussi à Buckshot Roulette, qui a eu son petit moment de gloire il y a quelques mois, ou au tout récent Rolla, sorte de Katamari Damacy à la sauce film d’horreur en VHS. Abonné à Playbill, il ne faut pas s’attendre à trouver un open world photoréaliste sous Unreal Engine 5, mais plutôt à des titres souvent courts, généralement expérimentaux. En bref, on s’abonne pour être surpris.
Donner l’accès à une vingtaine de titre pour moins cher que le coût d’un seul d’entre-eux, l’opération peut sembler difficilement viable (les cadres chez Xbox pourraient nous en parler longuement). Cependant, à l’heure où plus de 20 000 jeux sortent chaque année sur Steam (et en septembre 2026, on a déjà dépassé le nombre de sorties total de 2025…), le véritable enjeu est de réussir à se démarquer du reste de la production. C’est la véritable plus-value de Playbill, à la fois pour les joueurs et pour les développeurs indépendants : son éditorialisation.

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