Derrière le strass et les paillettes, idéalisé par le rêve que nous procure ses centaines d’expériences fantastiques, le monde professionnel du jeu vidéo vie une crise sans précédent. On le voit au quotidien, avec des fermetures de studios et licenciements par milliers (Electronic Arts vient d’ailleurs d’annoncer une nouvelle vague de suppressions de postes). Ainsi, pour défendre les droits des salariés, cette semaine encore, le STJV (Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo) lance un appel national à la grève ce 25 juin, pointant notamment la situation que vivent actuellement les employés de Quantic Dream.
C’est d’ailleurs non sans une pointe de sarcasme que que syndicat à annoncé le « Summer Grève Fest », faisant écho au Summer Game Fest, grande fête du jeu vidéo qui s’est tenue il y a quelques semaines, tandis que les salariés, eux, ne sont plus à la fête depuis bien longtemps. Quantic Dream subit actuellement un plan de licenciement massif avec 115 postes qui devraient être supprimés, soit un quart de l’effectif du studio en France. Des mesures prises à l’échelle internationale par ailleurs pour l’entreprise qui à aussi conduit à quelques dizaines de licenciements dans la branche Montréalaise du studio.
Mais ne croyez pas que la situation des rescapés reste plus enviable, avec des conditions de travail souvent compliquées s’ajoutant à l’incertitude de l’avenir professionnel de ces personnes. Pire, avec la pression du marché, les demandeurs d’emplois dans le secteurs étant nettement supérieurs aux offre, le rapport de force est très à l’avantage des employeurs, provoquant alors des situations ubuesques où les salariés restant sont « contraints » d’effectuer des heures supplémentaires afin de combler l’absence de leurs collègues licenciés. Du moins, en attendant que les IA génératives soient suffisamment performantes pour résoudre cette problématique…
Un choix de date compliqué
Le STJV appelle donc tous les studios à participer au piquet de grève prévu ce 25 juin devant les locaux parisiens de Quantic Dream en soutien aux travailleurs et travailleuses menacés. Une date qui vous évoquera peut-être un événement particulier. C’est en effet précisément ce jeudi que Rockstar Games a choisi pour ouvrir les précommandes de GTA VI. Autant dire que, malheureusement, quand bien même la situation au sein du studio parisien soit préoccupante, cette grève risque de passer totalement inaperçu dans le brouhaha provoqué par le blockbuster.
Pire encore, les licenciements dans l’industrie sont devenus tellement habituels qu’ils passent au dessous d’un certain seuil hélas tristement inaperçu. Le monde du jeu vidéo est en crise, et pourtant personne ne semble s’en alarmer. Ou du moins, tant que les bons jeux sortent (et sur ce point, on est plutôt gâté), on feint de ne pas la voir. Mais les impacts de ces milliers de licenciements ne se ressentiront que dans quatre à cinq ans sur les développements, et si les employeurs déclarent à qui veulent bien l’entendre, que cette crise est passagère, si un jour elle s’achève effectivement, il sera peut-être déjà trop tard.

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