Casey Hudson revient à Star Wars à contre-courant de l’industrie, avec une marque qui pèse lourd. Au-dessus, l’ombre du remake KOTOR par Saber. Le retour de l’auteur de Knights of the Old Republic chez Arcanaut Studios ressemble moins à une consécration qu’à un parcours d’obstacles.
Le destin de l’ancienne république se jouera sans l’IA
Premier refus, l’IA générative. Dans une interview Bloomberg relayée par Wccftech, Hudson la juge « créativement sans âme » et peine à voir ce qu’elle apporte au processus. Arcanaut n’utilisera pas d’outils d’IA générative. Second refus, le gigantisme : la direction veut éviter les effectifs à plusieurs centaines de personnes pour maîtriser les coûts. Troisième refus, la démesure : « plus gros ne veut pas dire forcément mieux », et 200 heures de contenu dont on n’a pas franchi l’acte 1 après 20 heures, très peu pour lui.
Ce triptyque éditorial démarque Arcanaut d’une industrie qui empile les annonces d’intégration IA, les effectifs records et les open worlds tentaculaires. Position défendable, mais qui engage. Si le jeu sort creux ou anémique, ces phrases seront retournées contre le studio.
L’équipe a été dévoilée le 4 mai 2026 sur le site officiel d’Arcanaut. C’est une réunion BioWare. Dan Fessenden (KOTOR, Mass Effect, Dragon Age: Inquisition, Veilguard) au design technique. Ryan Hoyle, vétéran de BioWare, à la direction technique. Caroline Livingstone (Neverwinter Nights, Dragon Age) à la production. Pascal Blanché (Far Cry: New Dawn) à la direction artistique. Le studio canadien fondé en juillet 2025 concentre une part visible de la diaspora BioWare post-Veilguard.
Le projet est financé par GreaterThan Group (GTG), structure fondée par Simon Zhu, ancien dirigeant de NetEase. GTG est née du retrait de NetEase de ses partenaires occidentaux, et Zhu défend publiquement l’idée qu’on ne devrait pas compromettre l’art pour le succès commercial. Voilà un alignement éditorial qui colle au triptyque de Hudson, et qui explique sans doute pourquoi Arcanaut peut tenir ce discours en public sans craindre un éditeur impatient. Reste qu’on parle d’une structure jeune, sur un projet Star Wars qui s’étirera jusqu’à la fin de la décennie. Le motif devient structurel : des studios AAA pilotés par des vétérans, financés par capitaux asiatiques après le décrochage de NetEase.
Un héritage trop lourd à porter?
Pourquoi « The Old Republic » alors ? Arcanaut et Lucasfilm Games répètent qu’il ne s’agit pas d’une suite directe de KOTOR, mais d’un « successeur spirituel » avec de nouveaux personnages et une nouvelle histoire. Sauf que cette marque ne désigne pas une époque, mais deux jeux précis sortis en 2003 et 2004, et un certain rapport au choix moral et aux compagnons. En la reprenant, le studio hérite d’attentes qu’il a pourtant entrepris de désamorcer.
Mass Effect, justement : Hudson sait s’affranchir d’une référence sans la renier. En 2007, le jeu ne partait pas de zéro, il s’appuyait sur le capital BioWare post-KOTOR et une équipe rodée. Mais Hudson en avait fait une rupture visible, un saut visuel et narratif qui creusait l’écart avec KOTOR au lieu de s’y arrimer. Refaire ce mouvement avec une nouvelle IP Star Wars lui était parfaitement à portée. Revenir sous l’étiquette « Old Republic » tient donc moins de la nécessité que de la stratégie commerciale, et le pari sur le label ressemble à une assurance qui pourrait se retourner en piège contre le studio.
Et puis il y a le remake. Saber Interactive travaille toujours sur sa relecture de KOTOR, annoncée il y a cinq ans et toujours en développement. Si Saber publie son jeu avant ou peu après Star Wars: Fate of the Old Republic, la confrontation sera frontale : le successeur spirituel face à l’original modernisé. Si Saber arrive le premier et convainc, Arcanaut hérite d’une comparaison qu’il avait pourtant juré éviter. Si Saber arrive le premier et déçoit, c’est la marque « Old Republic » qui en sort abîmée juste avant le lancement de Star Wars: Fate of the Old Republic.
Hudson a évoqué une sortie avant 2030. Jason Schreier juge ce calendrier optimiste. Il faudra que le crédo du studio tienne sur la durée. Que la marque ne coupe pas les jambes du projet. Et que Saber ne grille pas la politesse à Arcanaut Studio.

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