L’enseigne, fondée en 1983, leader du jeu vidéo en France avec plus de 300 magasins , a été rachetée en juillet par un consortium franco-québécois composé de Stephan Tétrault, Jean-François Chenail, Sandra et Stephen Callahan.
Un nouveau communiqué précise la trajectoire du groupe : moins dépendre de la vente de jeux et de consoles, accélérer sur les cartes à collectionner, les produits dérivés et la pop culture. Micromania vend déjà du Magic, du Pokémon et pas mal de merch, avec des marges qui progressent sur ces rayons. L’enjeu, désormais, est d’en faire le cœur du modèle plutôt qu’un simple complément.
EB Games Canada comme modèle
Stephan Tétrault est actionnaire majoritaire d’EB Games Canada, repris en 2025 après la séparation de GameStop. Depuis, les ventes de merch et de TCG y auraient progressé de près de 75 %. L’entité, longtemps déficitaire, serait redevenue bénéficiaire en 2025, avec 97 % des magasins rentables contre 77 % en 2024, et c’est ce modèle que les repreneurs veulent transposer. Jean-François Chenail (JAMS Venture Capital) et le couple Callahan (Cobico International, Gipsy Toys) complètent un consortium qui maîtrise déjà le retail, le licensing et la fabrication.
Moins de jeu vidéo, plus de TCG
Les jeux ne disparaîtront pas des rayons, mais Micromania compte leur consacrer moins d’espace relatif, au profit des TCG et du merchandising qu’elle propose déjà : mise en avant renforcée, événements communautaires, distributeurs installés dans une trentaine de centres commerciaux.
Un magasin flagship, c’est-à-dire une boutique vitrine pensée comme un point de vente majeur pour l’enseigne, ouvrira en octobre 2026 près de Paris. Le réseau sera passé au crible : relocalisations, agrandissements, fermetures. Une division événementielle est aussi prévue, entre salons et animations en magasin.
L’atout nouveau, c’est McFarlane Toys, référence des figurines de qualité, en plus d’Imports Dragon et de l’expertise de Cobico. Micromania pourrait pousser plus loin ce qu’elle fait déjà dans les collectibles, notamment avec des figurines sous licence américaine.
Derrière les axes annoncés se dessine surtout un changement de modèle économique : le magasin spécialisé dans le jeu vidéo veut devenir une plateforme gaming, cartes, collectibles et pop culture. Avec 300 magasins et six millions de clients, Micromania a la taille pour tenter la manœuvre. Reste à savoir si l’enseigne ira plus loin dans la spécialisation de niche (MTG poussé à fond, Gunpla, figurines de comics…) ou si elle restera sur une stratégie très grand public, à l’image des Funko Pop qu’elle écoule déjà massivement.

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