Connu principalement pour Evoland, Northgard ou Dune: Spice Wars, Shiro Games est un studio français qui consolide petit à petit sa réputation grâce à un large éventail d’expériences particulièrement bien accueillies. Aujourd’hui, l’équipe s’attaque avec Farever à un gros morceau : le MMORPG.
Face à cette ambition grandissante, l’intérêt est immédiat… avant d’être un peu refroidi par le terme « MMO-lite », glissé discrètement dans les différents posts promotionnels. Voyons donc ensemble si les fondations sont assez solides pour y bâtir une jolie maison, capable d’abriter des joueurs assoiffés de sangliers à éradiquer.
En l’état, Farever ne permet de monter que jusqu’au niveau 20, alors que le niveau maximum est pour le moment fixé à 50. C’est évidemment trop peu pour proposer un test complet, d’autant que les modes de jeu les plus avancés manquent à l’appel, mais c’est amplement suffisant pour analyser ce que le titre fait déjà très bien.
Une impression de déjà-vu maîtrisée
Les premiers pas dans le monde de Farever s’avèrent assez légers. Tellement légers, d’ailleurs, que cela pourrait inquiéter les plus grands aficionados du genre : un système de combat à ciblage automatique, une absence de quêtes traditionnelles, des phases de plateforme et, surtout, une barre de sorts étonnamment frêle. Si cette description vous parle, c’est que vous avez certainement déjà joué à Guild Wars 2, dont Farever s’inspire librement.
Sommé d’abattre huit crabes et de récupérer trois orbes malhabilement placés là, on découvre le Codex. Ce dernier recense tous les monstres du jeu associés à un compteur : il va falloir les éradiquer pour glaner de l’expérience. Le système classique de quêtes est ainsi remplacé par un ensemble d’activités mêlant ce fameux codex et une multitude de mini-jeux. Encore une fois, on a l’impression de naviguer en Tyrie.
Trouver trois orbes pour ouvrir un coffre et récupérer l’expérience qu’il contient, tomber dans une embuscade au moment de l’ouvrir, escalader un sommet, terrasser un monstre plus gros que les autres… Autant d’activités qui s’enchaînent et s’accumulent dans une liste à compléter pour vider la zone. Gagner de l’expérience est fluide et encourage l’exploration. Que demander de plus ?
Bien que l’on sente une certaine redondance dans la boucle de gameplay, le level design rend le tout particulièrement robuste. On imagine sans peine ce système s’étendre pour combler les 60 % de contenu manquants. À cela s’ajoutent des donjons et des grottes abritant de terribles boss (réellement difficiles à vaincre), ces deux types de contenu étant déclinés en trois modes de difficulté. Shiro Games a parfaitement compris comment convaincre dès les premières heures.
L’habit fait le prêtre, le guerrier, le mage…
Du côté des personnages, les débuts sont, comme mentionné plus haut, assez simplistes. Guerrier, Mage, Voleur ou Prêtre : un clic gauche, un ultime, une parade et une esquive. C’est peu. Heureusement, on obtient rapidement un nouveau sort, puis un arbre de talents (lui aussi assez simplet) avant de récupérer, au bout d’une bonne heure, une nouvelle arme qui élargit drastiquement le spectre : nos sorts changent.

Puis vient le déverrouillage de l’arsenal, qui permet d’ajouter à notre barre le sort d’une arme que l’on n’utilise pas. Petit à petit, les améliorations s’accumulent pour former un ensemble très simple à agencer, mais terriblement profond à optimiser. D’autant que Farever a la générosité de proposer une pléthore d’objets bi-classés, permettant par exemple de bâtir un Prêtre en Paladin « Force/Foi » maniant une arme « Dextérité » si le cœur vous en dit. En tout cas, de notre côté, c’est exactement ce qu’on a fait.
Farever, pur produit de l’enfance
Les inspirations de Shiro Games sont légion et s’affichent clairement comme un gage de qualité pour les fans. Qu’il s’agisse de l’humour, de la navigation dans l’interface d’un Dofus, du système d’artisanat ou des nombreuses références à World of Warcraft, Farever est le produit d’un groupe d’individus biberonnés aux MMORPG, témoignant d’un amour véritable pour le genre. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des défauts, qu’ils soient liés ou non à son statut d’accès anticipé.
Pour le moment, le bestiaire s’avère un peu limité : on retrouve les mêmes monstres d’un environnement à l’autre, sans réelle variante visuelle ou mécanique. Il est parfois presque ennuyeux de se retrouver face à un crabe géant, sac à PV ambulant, alors qu’on le maîtrisait déjà facilement cinq heures plus tôt.
Plus grave, mais espérons-le temporaire : quelques bugs subsistent. On passe de temps en temps à travers certains bumpers, la parade ne s’active pas toujours si la connexion n’est pas parfaitement stable, et certains boss ont parfois des mécaniques qui refusent tout simplement de se déclencher. Tout le contenu reste faisable, mais certains combats demandent de redoubler d’efforts d’optimisation pour triompher là où les bugs compliquent inutilement la tâche.
Porté par un amour sincère pour le genre et des références solides, Farever avait peu de chances de rater son coup. S’il souffre indéniablement de son statut d’early access qui lui impose quelques ratés techniques, il n’en reste pas moins un titre qui vous fera passer un excellent moment. Pour le prix affiché sur l’étiquette, ce pari sur l’avenir en vaut largement la chandelle. Nous serons d’ailleurs les premiers au rendez-vous pour tester les nouvelles classes, les prochaines armes et arpenter les futures régions de cet univers !

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