Selon le média néerlandais Trouw, Niantic aurait vendu les données des joueurs de Pokémon Go afin de perfectionner de nouveaux drones militaires. Ce seraient des milliards d’images prises par les joueurs qui auraient été mises à disposition de l’entreprise de défense militaire Vantor, qui travaille pour l’armée américaine.
Au cœur de cette affaire, on retrouve un partenariat signé en décembre 2025 liant Niantic Spatial, la division IA et cartographie de Niantic, et Vantor. Le studio avait alors été relativement vague sur l’objectif de la collaboration, qui porte sur la mise en place d’un VPS, un système de géolocalisation se fondant sur des données visuelles pré-établies plutôt que le signal satellite dont les GPS sont tributaires.
La place de Pokémon GO dans tout ça ? Ce dont dispose Niantic Spatial pour mettre en place son VPS repose largement sur les prises de vues des joueurs dans le jeu lors des missions en réalité augmentée. Ces missions ont permis la création d’une banque de données visuelles extrêmement fournie et précise. Selon l’article de Trouw, ce seraient plus de 30 milliards de données de géolocalisation qui auraient été mises à disposition de Vantor.
Niantic et l’armée américaine, une histoire qui date
Si le partenariat avec Vantor a mis en lumière la proximité entre Niantic et l’armée américaine, c’est en réalité dès 2021 qu’une partie des joueurs commence à s’alerter. C’est à cette période que le jeu a commencé à mettre en place des stratégies très agressives pour pousser les joueurs à utiliser la réalité augmentée avec la multiplication de missions et de tâches nécessitant la technologie.
Or, John Hanke, le président de Niantic Spatial n’en est pas à son coup d’essai. Si, lorsqu’on pense à son travail, on pense d’abord à Pokémon Go et Ingress, ses deux plus grands succès, c’est en réalité dès 2001 qu’il met en place Keyhole, inc. L’entreprise se spécialise dans l’imagerie satellite et est repérée et rachetée par In-Q-Tel, un fond d’investissement américain appartenant à la CIA.
Par la suite, Keyhole, inc a été revendue à Google pour mettre en place Google Earth. John Hanke reste au sein de Google et fonde Niantic, qui publie Ingress dès 2012. Le jeu permet de mettre les fondations qui seront essentielles à Pokémon Go. La carte et la géolocalisation, bien sûr, mais aussi l’interaction du joueur avec son environnement.
En 2021, la question qui s’était posée, c’était surtout quand est-ce que cet usage militaire aurait lieu. Avec l’inclusion des systèmes VPS dans les drones de Vantor, ces questionnements ont trouvé réponse.
Mais Pokémon Go ne serait pas concerné ?
L’article de Trouw a largement tourné : le sujet a fait couler l’encre jusqu’aux journaux généralistes, poussant Niantic Spatial à prendre la parole. Notamment, le studio garantie que les données des joueurs de Pokémon Go ne sont pas concernées par l’accord entre Niantic et Vantor, qui « n’en est qu’à ses débuts ».
Le studio joue en réalité sur les mots : Vantor n’aura pas accès aux relevés des joueurs à strictement parler, par contre, Niantic Spatial mettra à disposition l’IA entraînée à partir de ces données. Autrement dit, le public, qui pensait simplement jouer à un jeu, a bel et bien fourni des données qui, à terme, permettront de rendre plus performants des drones, pour certains utilisés par l’armée américaine.
Pour autant, Niantic finit son communiqué en soulignant que Pokémon Go ne lui appartient plus. À ce titre, les événements liés à la réalité augmentée utilisés par Niantic Spatial ne sont plus incluses dans le jeu, le studio n’a également plus accès aux données des joueurs.
Une réponse bien cynique, qui clôt une situation qui l’est tout autant. Bien que beaucoup de personnes se retrouvent surprises par la situation, ce n’est pas la première fois qu’une entreprise peut utiliser les données recueillies par les utilisateurs de son produit à sa guise. Accepter des termes et conditions d’utilisation est devenu un geste banal, que l’on fait sans réfléchir ou même lire les-dites conditions…

Pokémon GO – Le chantier participatif que personne n’a signé
Dextereuse

Niantic (Pokémon GO) – Un mois après son acquisition par Scopely, le studio licencie
broccomilie

Test Pokémon Champions – La nouvelle ère du compétitif a un prix
Ninof