La génération actuelle aura été celle du floutage des frontières : la Switch est-elle une console de salon ou une console portable ? Les Steam Deck, ROG Ally et consorts sont-ils des PC ou des consoles ? Xbox est-il encore un constructeur ou essentiellement un éditeur ? Les exclusivités PlayStation sont elles vraiment des exclusivités si elles arrivent sur PC après quelques mois ?
Et justement, sur ce dernier point, on apprend que Sony ferait machine arrière sur cette stratégie qui consiste à sortir sur PC ses jeux exclusifs après un premier cycle de vie sur consoles. La presse a imaginé plusieurs raisons qui motiverait ce revirement : d’abord, une volonté de rendre à la PS5 une certaine attractivité dans un contexte où il se dit que le cycle de vie de la console pourrait être un peu plus long que prévu, attractivité qui passerait par un catalogue « vraiment » exclusif ; et puis, la confirmation récente concernant la prochaine génération d’Xbox, baptisée temporairement Helix, de la possibilité de faire tourner les jeux PC sur Xbox impliquerait qu’il serait possible de jouer aux jeux PlayStation sur la console concurrente – ce qui serait inenvisageable pour le japonais !
Cependant, la véritable raison de l’abandon de l’écosystème PC par Sony serait peut-être beaucoup plus simple : les jeux ne s’y vendrait pas.
L’analyste Newzoo, relayé par Gamesindustry.biz, est en effet allé voir si les explications de la décision de PlayStation ne se trouvait pas dans les chiffres. Et il a découvert qu’en effet, les exclusivité PlayStation portées sur PC sont loin d’être un carton. Les ventes y sont même quasiment anecdotiques en comparaison de celles réalisées sur consoles.
Ainsi, si les premiers jeux exclusifs à PlayStation publiés sur PC y ont réalisé des scores honnêtes (Horizon Zero Dawn ou God of War, par exemple), le soufflet est vite retombé et les portages les plus récents n’ont touché qu’un public de niche. Parmi tous les joueurs de Ratchet & Clank: Rift Apart durant le premier trimestre de son exploitation sur PC, seuls 8% y jouait sur ce support (et donc un écrasant 92% sur consoles) ; Pour Horizon Forbidden West, les joueurs PC ne représentaient que 7% des joueurs sur la même période, et c’est encore moins pour God of War Ragnarok (6%) et Spider-Man 2 (5%).
Entre le coût que représente le travail de portage, et les marges réduites de Sony, qui doit concéder les 30% traditionnels à Steam, le résultat net de la sortie de ces jeux sur PC ne doit pas monter bien haut…
L’enquête de Newzoo précise que les jeux ne sont pas en cause : c’est le calendrier qui est responsable de ces faibles résultats. En général, toujours selon l’analyste, quand un jeu sort en même temps sur PC et consoles, les joueurs PC représentent en moyenne 44% du total. Et en effet, Helldivers 2 a cartonné aussi sur PC !
La question pour PlayStation est donc la suivante : espérer vendre plus de jeux sur PC en avançant leur parution sur le support, au risque de briser l’identité de la marque, et d’alimenter le catalogue du futur concurrent Helix, ou simplement arrêter les frais, et s concentrer sur son propre écosystème. C’est cette seconde options, probablement la plus sage, qui aurait été préférée par Sony.

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