Annoncée en grande pompe en 2009 après l’acquisition des droits de la marque par Universal, l’adaptation des aventures de Jack à Rapture navigue décidément en eaux troubles. Après une longue partie de chaises musicales entre différents réalisateurs, scénaristes et maisons de production, c’est Netflix qui a décroché le précieux sésame, mais le géant semble être un nouveau problème dans l’équation de l’adaptation.
Would you kindly produire mon film ?
Entre l’adaptation de Marche ou Crève de Stephen King et la suite de la sempiternelle saga Hunger Games, le réalisateur Francis Lawrence persiste et signe : son adaptation de BioShock verra le jour ! Interrogé par le média The Direct à l’occasion de la promotion d’Hunger Games : Lever de Soleil sur la Moisson, l’homme qui a réussi l’exploit d’amener sur le grand écran le comic book Hellblazer assure que le projet de plongée sous-marine en territoire chrosôme est toujours d’actualité.
« Je suis absolument actif sur ce projet. Nous y travaillons toujours. »
Avec le scénariste John Logan, Lawrence tente encore de justifier plusieurs éléments dans la narration de son film. Contrairement à ce qui était prévu par son prédécesseur Gore Verbinski, Lawrence n’adaptera que le premier opus de la trilogie et fera le choix de la fin qui lui convient le mieux, Verbinski ayant déclaré, à l’époque, avoir trouvé un moyen d’inclure les deux fins du jeu à la fin du long-métrage sans que cela ne soit un problème pour le spectateur. Choix osé et plus que bancal, mais heureusement cette idée est abandonnée par le nouveau principal intéressé.
Autre choix qui, cette fois-ci, fait grincer des dents le distributeur et producteur Netflix : celui d’un héros muet. Dans le premier BioShock, Jack traverse les dédales de Rapture sans dire un mot. D’après les dires du réalisateur, mettre en place un tel protagoniste est assez délicat, impliquant que l’ensemble des interactions avec les alliés, les ennemis et les journaux audios devront profiter d’un soin tout particulier.
Mais le réel problème de l’adaptation de BioShock se situe dans les bureaux de Netflix. Le géant du streaming américain sera le producteur et le distributeur du film et, après avoir refusé plusieurs versions du scénario à cause d’aspects trop gores, trop sombres et trop violents, c’est une crise interne qui met en péril le projet.
« […] Mais vous avez aussi le côté Netflix, parce que Netflix a récemment connu des changements de régime et toutes ces bêtises auxquelles je n’aime pas avoir affaire. Donc on verra bien. J’espère qu’on trouvera une solution. »
En effet, en octobre 2026, Netflix a congédié deux éléments essentiels à la production et au développement des films de la plateforme. Bela Bajaria et Dan Lin, respectivement directrice des contenus et responsable de la partie cinéma, ont été remerciés. Et en se séparant de ces deux personnes, les projets alors validés ou en voie de validation doivent désormais profiter du regard d’autres responsables.
Pour BioShock, les choses vont probablement encore bouger. Les succès récents de certaines adaptations de jeux vidéo au cinéma qui s’écartent allègrement du matériau d’origine (Until Dawn, Minecraft…) et les déceptions au box-office de celles souhaitant aller dans le sens des jeux adaptés (Mortal Kombat 2, Return to Silent Hill…) vont peut-être pousser les nouveaux exécutifs à demander de revoir encore la copie ?

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