Exposé à de lourdes critiques suite à une série d’annonces faisant la part belle à l’IA générative, Akihiro Hino, président de LEVEL-5, a enfin pris la parole pour essayer de calmer le jeu. Dans un communiqué, le président revient sur la présentation du 10 septembre, s’excusant de certains choix, mais clarifiant que l’IA n’est pas seule responsable de la situation.
Dans un premier temps, le 14 septembre, c’est sur ses réseaux sociaux qu’il s’est exprimé de manière informelle. Il y présentait ses excuses tout en défendant un usage de l’IA raisonné, permettant de réduire le temps de développement des jeux.
L’erreur est humaine, la faute est générée
Bien entendu, cette déclaration, loin de rassurer un public déçu, a jeté de l’huile sur le feu. En admettant que la présentation réalisée par IA générative était de mauvais goût, il maintenait que l’IA gardait une place essentielle dans le processus de développement du studio. Elle permettrait d’optimiser le travail créatif réalisé par des développeurs humains, notamment en prenant en charge la numérisation des différents assets.
Dans un second temps, le 16 septembre, c’est à travers un communiqué officiel que le patron de LEVEL-5 s’est exprimé. Cette fois-ci, il répond à certaines critiques ciblant particulièrement Yo-Kai Watch 2: Haunted Domain. Des éléments, que le public estimait généré par IA sont en réalité des erreurs bien humaines, réalisées par les artistes du studio.
Que ces erreurs soient humaines, ou liées à l’usage de l’IA générative, Akihiro Hino manque, encore une fois, le coeur du problème. Level-5 est un studio acquis à la cause de l’IA générative, ce n’est pas une nouveauté. Déjà en 2023, il annonçait qu’au moins 80% du code des jeux vidéo était généré.
Une déclaration qui peut paraître surprenante par chez nous, mais qui est tout à fait logique en Asie, où l’emploi de l’IA générative est largement plus admis. Au Japon notamment, cela fait depuis 2019 que la loi autorise d’intégrer des œuvres protégées par le droit d’auteur dans les banques de données d’entraînement pour IA.
Qu’on s’entende bien : le public et les artistes japonais ne sont pas enchantés de la situation. Bon nombre des réactions liées aux déclarations de LEVEL-5 sont japonaises. Toutefois, on reste face à une industrie qui assume bien plus largement son usage de l’IA générative : plus de 85% des développeurs japonais assument utiliser l’IA générative lors de leur processus (CESA 2026), contre 30% des développeurs en général (GDC 2026).
LEVEL-5 n’est, finalement, que l’expression de ce décalage. Dans ce calcul, il reste cependant une erreur : le public cible des jeux. L’industrie a admis l’usage de l’IA, cela ne veut pas dire que le public international le fera. Pour l’instant, les réactions du studio laissent entendre que la grogne est plus forte qu’un simple bad buzz Twitter. Maintenant, il reste peu probable que cela pousse le studio à profondément revoir son processus de développement…

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