Alors qu’en Europe l’initiative citoyenne Stop Destroying Videogames a été rejetée le 16 juin 2026 par la Commission européenne malgré 1 294 188 signatures réunies, une nouvelle tentative émerge aux États-Unis pour renforcer les droits des joueurs.
En avril 2024, Ubisoft prend une décision qui va mettre le feu aux poudres : fermer les serveurs du jeu The Crew pour mettre en avant sa suite. Le problème ? Le jeu, bien que disposant d’une campagne solo, obligeait le joueur à se connecter aux serveurs d’Ubisoft. Une fois hors ligne, les joueurs ont tout simplement perdu toute possibilité de jouer au jeu qu’ils avaient pourtant acheté. L’indignation fut instantanée et le mouvement Stop Killing Games est créée par le YouTuber américain Ross Scott. Ce mouvement vise à empêcher les éditeurs de retirer l’accès à un jeu de manière unilatérale et se propage partout dans le monde. En Europe, l’initiative citoyenne Stop Destroying Videogames est envoyée devant la Commission européenne pour défendre les droits des joueurs, mais cette dernière rejette le principe d’astreindre légalement les éditeurs, préférant élaborer un code de bonne conduite juridiquement non contraignant.
Dans ce climat tendu, on comprend que l’annonce de la fin du support physique chez Sony, qui ne proposera plus aux joueurs qu’une licence révocable, ne fait que rendre la lutte pour les droits des joueurs plus importante que jamais. Une nouvelle tentative de faire entendre ces droits a lieu aux États-Unis avec l’annonce d’une future proposition du démocrate Ritchie Torres. Le projet nommé Power To The Players Act souhaite aller plus loin que Stop Killing Games et propose trois mesures clé : acheter un jeu donnerait accès à un droit de propriété, ce droit pourrait s’exprimer par un transfert ou la revente de son achat, et enfin l’éditeur aurait l’obligation dans la mesure du possible de mettre à disposition un mode hors ligne pour les jeux dont il souhaite couper les serveurs.
À l’heure actuelle tout cela reste un vœu pieux. La prochaine étape pour Ritchie Torres sera de formaliser sa proposition en un véritable projet de loi à soumettre à la Chambre des représentants. On peut déjà imaginer que du côté des éditeurs, l’obligation de proposer un mode hors ligne fera l’objet d’une levée de boucliers et que l’argument du manque de moyens servira de principal axe de défense. Une chose est claire cependant, c’est que les droits des joueurs sont plus que jamais un véritable sujet de société et qu’il était temps que la politique s’y intéresse, quand l’industrie pèse plus de 200 milliards et que le tout numérique veut nous être imposé dans les années à venir.

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