C’était la forteresse imprenable du DRM sur PC depuis 2014. Denuvo a longtemps incarné deux choses à la fois : la bête noire des pirates, et un mur de plus dressé face à ceux qui n’ont pas les moyens de payer leurs jeux au prix fort, des mois et des mois d’attente avant qu’un crack ne pointe le bout de son nez. Cette époque est révolue. En avril 2026, la liste des jeux non VR protégés par le DRM et qui ne peuvent pas être contournés est réduite à zéro.
La fin d’une ère
La technique est apparue fin 2025 : installer un driver au niveau du kernel du PC, qui intercepte les vérifications de sécurité de Denuvo et y répond à sa place. Depuis, le groupe DenuvOwO a fait tomber les protections les unes après les autres, Crimson Desert, Resident Evil Requiem, et d’autres encore, jusqu’à vider complètement la liste des jeux non VR encore protégés. En parallèle, Voices38 continue de retirer proprement le code de protection des jeux, comme ce fut le cas pour Doom: The Dark Ages.
D’après les repackeurs derrière FitGirl, qui a salué publiquement le travail de DenuvOwO et Voices38, Denuvo peut désormais être considéré comme une mesure anti-piratage « entièrement inutile ». Dans la scène, une validation de FitGirl vaut son pesant d’or : connue pour sa rigueur dans la sélection des releases, son approbation est aussi une garantie implicite sur la fiabilité des versions en circulation. Irdeto, la maison mère autrichienne du système de protection, a depuis confirmé travailler sur des contre-mesures, et les choses ont commencé à bouger.
La riposte du capital
Face à l’hémorragie, Denuvo et l’éditeur 2K ont opté pour une contre-attaque bien sournoise. Des titres comme NBA 2K25, NBA 2K26 et Marvel’s Midnight Suns intègrent désormais un système de vérification en ligne obligatoire tous les 14 jours. Passé ce délai sans connexion, le jeu refuse de se lancer. La mesure diffère de l’activation unique au premier lancement qui existait jusqu’ici : elle repose sur un échange avec les serveurs du DRM, ce que le bypass par hyperviseur ne peut pas reproduire.
Le problème, c’est que la mesure s’applique à tout le monde, sans distinction. Les joueurs en déplacement, ceux avec une connexion instable, ceux qui jouent sur Steam Deck loin d’un réseau, ou simplement ceux qui n’ont pas lancé le jeu depuis deux semaines sans connexion disponible : tous se retrouvent bloqués. Sans compter le risque, déjà connu dans l’histoire du DRM, d’une panne côté serveurs qui rendrait les jeux inaccessibles pour les acheteurs légitimes.
if it’s still too expensive just pirate it honestly https://t.co/X26S1KBynW
— sam eng (@bysameng) April 11, 2026
Tweet du développeur de Skate Story, édité par Devolver
Denuvo coûte une licence aux développeurs, pèse souvent sur les performances et n’offre plus la fenêtre de protection au lancement qui constituait son principal argument commercial. La réponse du token à 14 jours donne déjà une idée, peu rassurante, de la direction prise : une direction qui sert seulement les intérêts des grandes entreprises.

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