Pendant que Marvel s’apprête très prochainement à faire s’affronter ses héros emblématiques dans Mavel Tokon: Fighting Souls, son concurrent, DC Comics, a décidé de réagir en annonçant son propre jeu de combat… Mais sur mobile.
Présenté à la surprise générale, DCKO permettra bientôt de refaire combattre Batman, Superman ou encore Wonder-Woman dans un jeu de combat en deux contre deux. Pourtant, si on pouvait s’attendre à ce que DC Comics confie, une nouvelle fois, ses héros à NetherRealm Studios pour un potentiel Injustice 3, c’est finalement le jeune studio indépendant Drop Fake qui a été choisi pour développer ce nouveau projet.
Ce choix intrigue d’autant plus que DCKO est le tout premier projet du studio et qu’il sera exclusivement disponible sur mobile. À première vue, toute laisse penser que ce jeu à pour ambition d’être un simple gacha accessible, pensé pour des parties rapides. Toutefois, toute sa communication met également en avant ses affrontements PVP, ses différentes mécaniques de gameplay et son potentiel compétitif, visant à séduire une partie de la communauté des jeux de combats (fighting game community, FGC).
À qui s’adresse donc réellement DCKO ? Cherche-t-il à élargir le public des jeu de combat grâce à un gameplay simplifié, ou vise-t-il avant tout les amateurs de jeux mobiles en quête d’un gacha plus dynamique ?
Jouer sur deux tableaux
Les premières informations dévoilées sur le jeu laissent présupposées que DCKO a l’ambition de s’inscrire dans la grande lignée des jeux de combats inspirés par la formule de Street Fighter II. Le titre met bien en avant son système de combos en duo, sa mécanique de super et la fameuse boucle de gameplay mêlant coups, projections et contres. Le studio parle même de son casting comme d’un véritable roster avec vingt personnages jouables et la promesse d’un nouveau combattant chaque mois. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle de Fatal Fury: City of the Wolves.
Même son nom, DCKO, évoque immédiatement 2XKO, le jeu de Riot Games, donnant presque l’impression de vouloir se mesurer à lui. Cependant, son exclusivité sur mobile envoie un tout autre message.
Pensé pour un écran tactile, le gameplay se limite à deux types d’attaques (un coup moyen avec une simple pression et un coup puissant avec un glissement du doigt). Ce choix à l’avantage de faciliter la prise en main et permet d’apprendre rapidement chaque personnage. En contrepartie, il limite grandement le nombre de combos possibles, cela risque de rendre les combats plus répétitifs et moins précis qu’avec une manette ou un stick arcade.
DCKO se retrouve ainsi face à un défi de taille. D’un côté, convaincre les amateurs de versus fighting d’accepter un gameplay plus simple, mais aussi moins exigeant et potentiellement moins gratifiant à maîtriser, en plus de jouer sur un écran plus petit. De l’autre, persuader les joueurs mobiles, habitués à des sessions courtes et occasionnelles, de s’investir suffisamment pour apprendre les subtilités de son système de combat.
Pourtant, le choix du mobile offre de réels avantages. Grâce à son modèle free-to-play, DCKO bénéficie d’une immense accessibilité. Malgré cela, cette volonté de séduire deux publics très différents donne parfois l’impression que le jeu peine encore à définir clairement sa cible et pourrait avoir du mal à convaincre pleinement aussi bien les passionnés de jeux de combat que les joueurs mobiles.
Un choix du mobile finalement assez logique
Une grande partie des développeurs du studio Drop Fake a auparavant travaillé sur Marvel Contest of Champions, l’un des plus gros succès du jeu de combat sur mobile. De fait, le choix de développer DCKO sur mobile, ne semble plus seulement relever d’une stratégie visant à éviter la concurrence des grands jeux de combat sur consoles et PC. Il apparaît surtout comme une manière de valoriser l’expertise du studio dans un domaine qu’il maîtrise déjà.
Néanmoins, cette filiation soulève quelques interrogations. Si Marvel Contest of Champions est devenu une référence du jeu de combat sur mobile, il est également connu pour sa monétisation particulièrement agressive, souvent critiquée par sa communauté. Si rien n’indique que les anciens développeurs de Kabam étaient responsables de ces choix économiques, leur expérience sur un jeu reposant fortement sur les achats intégrés pourrait nourrir les interrogations autour du modèle économique de DCKO. Les premières informations ne dissipent d’ailleurs pas totalement ces inquiétudes. En effet, le jeu intégrera des mécaniques proches des loot boxes. Si rien ne dit que ces objets auront un impact sur les affrontements compétitifs, et pourraient tout aussi bien être réservés aux modes PVE ou à des éléments cosmétiques, difficile de ne pas craindre un système où la carte bancaire finirait par devenir le meilleur combo du jeu.
Malgré ces interrogations, l’annonce semble déjà avoir trouvé son public. En moins d’une semaine, DCKO a dépassé les 100 000 préinscriptions. Un résultat plutôt encourageant, même s’il convient de rappeler que le jeu sera disponible gratuitement. Reste désormais à savoir si cet engouement se confirmera une fois le jeu entre les mains des joueurs. Si Drop Fake parvient à trouver le bon équilibre, le studio pourrait bien occuper une place encore vacante sur le marché. Dans le cas contraire, DCKO pourrait rapidement donner l’impression d’être un jeu qui cherche davantage son identité que son public.

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