Avant un retour qui pourrait bien être synonyme de salut avec Call of Duty: Modern Warfare 4, Treyarch va opérer un petit retour aux sources en proposant, grâce au travail d’Iron Galaxy Studios, un portage PlayStation 5 des opus Black Ops 1 et 2. Bien que l’argument de la rétrocompatibilité et de l’impossibilité pour les possesseurs de PlayStation de profiter de ces deux opus soit mis en avant (contrairement aux joueurs XBOX et PC), de notre côté, nous pouvons y voir un amalgame de stratégies mis en place par Activision et Treyarch pour tenter de se rattraper auprès des joueurs, et financièrement, après l’échec de Black Ops 7.
Un portage en prévision d’un potentiel échec de Modern Warfare 4 ?
C’est à Iron Galaxy Studios que revient la lourde tâche de porter et d’adapter Call of Duty: Black Ops 1 et 2 sur l’architecture système de la PlayStation 5. Alors que le studio vient de traverser une période compliquée suite à une vague de licenciements, les équipes spécialisées dans le portage de jeux sur consoles récentes (Skyrim sur Switch, Deadpool sur PS4, The Last of Us sur PC, pour ne citer qu’eux) doivent également ramener sur PlayStation 5, en plus des campagnes, les modes multijoueurs et Zombies.
Treyarch met les bouchées doubles pour contenter le plus de joueurs possible avec l’arrivée de ces deux mastodontes. Toutefois, il ne s’agira là que de portages et non de versions remaster des jeux, et d’une version native destinée à la PlayStation 4 que la PlayStation 5 est en mesure d’émuler. Un patch permettra aux joueurs de la dernière console de Sony de profiter d’un rehaut de FPS et du taux de rafraichissement de l’image, mais rien de bien mirobolant.
Mais pourquoi décider de ne ramener que Black Ops 1 et 2 ? Pourquoi ne pas entièrement se concentrer sur la saga Modern Warfare en proposant un portage du mode multijoueur du remaster de Modern Warfare 2 ou proposer, plus simplement, une version remaster du Modern Warfare de 2011 ? La réponse se trouve dans les nombres, n’est-ce pas Mason ? En effet, les deux premiers opus de la saga Black Ops ont rapporté respectivement 31 millions et 29 millions de dollars, sans prendre en compte les nombreux DLC et packs de cartes. Des chiffres complexes à comparer avec ceux de Black Ops: Cold War et 6 depuis l’arrivée de la licence sur le XBOX Game Pass. De plus, Black Ops 1 et 2 ont entraîné l’émergence des vidéastes YouTube montrant leurs exploits en mode multijoueur, mais aussi d’une imposante scène e-sport.
En décidant de ramener sur le devant de la scène deux des opus les plus appréciés des fans, Treyarch s’assure un agréable parachute en cas d’échec pour Modern Warfare 4. Les deux dernières incursions dans l’univers Call of Duty s’étant soldées par de cuisants échecs, le développeur a de quoi s’inquiéter pour la conclusion de l’arc narratif du capitaine Price et de la 141.
Jouer sur la nostalgie pour reconquérir
Une fois de plus, la stratégie adoptée par Treyarch et Activision est purement mercantile et frôle la fraude. Le portage de Call of Duty: Black Ops 1 et 2 n’est rien de plus que cela : un portage. Les deux jeux commencent à accuser le poids des années et, même si tous deux restent encore aujourd’hui de sympathiques expériences solo (surtout pour le premier) et ont également poursuivi le chemin emprunté par Modern Warfare 1 et 2 sur la scène du jeu multijoueur, les fans méritaient peut-être mieux et plus d’efforts.
Au vu de la qualité toute relative des éditions remaster de Modern Warfare 1 et 2, le même soin aurait pu être apporté aux aventures d’Alex et David Mason. Treyarch ne compte que sur la fibre nostalgique des joueurs ne jurant que par la licence Black Ops, qui est encore aujourd’hui plus populaire que la marque Modern Warfare. Autre marqueur de taille, l’arrivée du portage sur PlayStation 4 et 5 coïncide avec la sortie du prochain Modern Warfare qui, lui, ne sera pas disponible sur l’ancienne console de Sony.
Entre ce pas vers l’avenir et l’absence des prochains opus de Call of Duty sur le XBOX Game Pass, Activision et Treyarch sont à la recherche du moindre moyen pour tenter de pallier cette potentielle chute de revenus. Et cela passe par une capitalisation presque malhonnête de la nostalgie d’un grand nombre de joueurs prêts à se séparer de la licence suite aux échecs en cascade de Modern Warfare 3 et Black Ops 7.

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