Il y a un peu moins d’un an, Square Enix levait le voile sur The Adventures of Elliot: The Millennium Tales. Un projet enthousiasmant alors que le géant japonais nous habituait depuis quelques années entre deux projets ambitieux à des remasters et remakes de ses anciennes gloires . Pour cette fois donc, le moteur HD-2D servira pour une expérience inédite qui pourrait bien nous rafraichir en cette période de canicule.
Une sortie qui nous rend d’autant plus curieux qu’on y retrouve à sa tête la team Asano, (reprenant le nom de son réalisateur Tomoya Asano), laquelle a œuvré avec brio sur, notamment, Octopath Traveler et Bravely Default. Ainsi, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, sorti ce 16 juin dernier sur Xbox Series, PS5, Switch 2 et PC, parviendra-t-il à nous enchanter autant, sinon plus, que les précédents projets ou sera-t-il finalement une aventure sans lendemain ?
Le HD-2D toujours au top
Décidément, le moteur HD-2D nous fera toujours son petit effet. Il a beau être utilisé très souvent par Square Enix, que ce soit pour ses projets de remasterisation ou pour quelques nouvelles licences, il confère immédiatement un cachet au jeu qui en bénéficie. The Adventures of Elliot: The Millennium Tales ne fait pas exception et nous charme déjà par son esthétisme et sa direction artistique.
L’ensemble est de bon goût, avec un monde coloré et varié, malgré son apparente petitesse, et les illustrations des personnages, notamment lors de dialogues, offrent une personnalité aux différents protagonistes rencontrés. Notre héros par exemple, Elliot, bien qu’il ne soit qu’un archétype, devient bien plus, et on s’attache à lui rapidement, appréciant ses animations et mimiques lors de son périple.
D’autant que c’est une grande aventure que nous avons vécu à ses côtés. Pour l’occasion, exit l’aspect RPG avec ses montées de niveaux, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales se rapproche bien plus d’un jeu d’action-aventure, un Zelda-like, avec un monde à parcourir, composé de différents biomes, où il nous faut combattre des monstres, résoudre des énigmes et parcourir des donjons. C’est d’ailleurs globalement ce que le jeu nous propose pendant vingt à trente heures selon le degré de complétion visé.
On aurait pu craindre alors que le système de combat aurait perdu en richesse en abandonnant sa partie jeu de rôle, mais ce n’est vraiment pas le cas. Alors oui, forcément, le temps réel proposé pour les affrontements ne permet pas les mêmes types de stratégie que le tour par tour. Pour autant, le titre propose une palette de mouvements étendue, notamment grâce à l’arsenal proposé, très varié, et des options de personnalisation laissant au joueur le soin de façonner son approche.
Les magilithes, qui équipent les armes, sont au cœur de cette richesse. Des joyaux à obtenir en parcourant le monde, bien sûr, mais aussi via une composante « gacha » qui, si elle nous a fait craindre le pire au début (comme du farm de cristaux intensifs pour pouvoir débloquer les meilleurs objets), fonctionne globalement bien.
Il faut dire que le niveau de difficulté de l’aventure n’est pas très élevé. Même en mode difficile, que nous avons privilégié durant ce test, rares ont été les véritables moments de blocage. Il y a bien eu quelques boss un peu plus retors, ou des donjons qui nécessitaient une concentration accrue, mais rien de bien méchant. D’autant que nous est offerte la possibilité de ressusciter instantanément (moyennant quelques menues monnaies) en cas de trépas.
Une aventure intemporelle
Nous avons donc vécu cette aventure aux côtés d’Elliot, héros orphelin au grand cœur, qui se retrouve un beau jour convoqué par le roi d’Huther pour se voir confier l’exploration d’une ruine ancienne. Tout bascule lorsque la porte du temps y est découverte. Un accès à différentes époques du passé qui va attiser l’avidité d’un ministre corrompu, nous obligeant alors nous aussi à explorer les différentes périodes pour restaurer l’Histoire.
Un gimmick classique, certes, mais qui n’en reste pas moins intéressant. Alors, globalement, si l’histoire n’est pas vraiment le point fort de The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, quoi qu’il réserve bien quelques surprises à qui souhaite débloquer la meilleure fin, c’est surtout le souffle épique de l’aventure qui a de quoi captiver. D’autant qu’on peut varier les plaisirs en accomplissant en parallèle quelques quêtes annexes permettant aussi d’étoffer un univers étonnamment riche.
Chacune des quatre époques visitables est différente et recèle ses propres secrets. Une grotte jusque-là inaccessible pourra être parcourue dans le passé. Et, à la manière d’un Metroidvania, on pourra trouver à chaque époque de nouveaux pouvoirs pour Faie, une fée rencontrée dans le passé qui nous accompagnera alors et qui semble liée aux événements qui se déroulent à travers le temps.
On pourra regretter toutefois que les différents donjons et grottes ne varient qu’à la marge selon la période. On aurait aimé de véritables variations lorsque l’on visite un lieu à l’âge de l’égide ou de la magie. On retrouve un peu cela dans la ville principale, un temps royaume florissant, une autre capitale académique, ou encore ruine, mais on espérait plus.
D’autant que The Adventures of Elliot: The Millennium Tales met l’exploration au cœur de son expérience. Parcourir le monde à la recherche de trésors, de nouvelles âmes (et chats) à sauver ou de nouveaux monstres à occire, c’est là la substantifique moëlle du jeu. Et on perd alors cette magie lorsque l’on se rend compte que le monde est finalement presque inchangé au fil du temps et que nos actions du passé n’influencent pas le futur au-delà des éléments centraux à l’histoire.
Un aspect qui ajoute fatalement au côté répétitif de l’aventure. Il est vrai qu’on fait toujours un peu la même chose, la faute à ce level design qui n’évolue pas, tout comme le bestiaire, relativement pauvre. Deux points qui ne nous ont pas dérangé outre mesure, les autres charmes du titre compensant ces écueils, qui n’en restent néanmoins pas moins réels, hélas.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales est un gros coup de cœur. Une aventure avec un grand A qui nous a offert une expérience rafraichissante alors même que notre console augmentait de quelques degrés la température de notre salon pendant cette période caniculaire. Mais on a insisté, c’est dire à quel point il nous a été difficile de lâcher la manette au fil du jeu.
Le titre a un charme ravageur, et pas seulement par sa patte graphique, sa direction artistique ou sa musique, mais aussi par le souffle épique de son aventure. The Adventures of Elliot: The Millennium Tales est pourtant une proposition structurellement classique, ses mécaniques, très riches, son univers et les surprises qu’il réserve aux joueurs cherchant le 100 % (et on vous invite vivement à le faire) le font sortir du lot des jeux d’action-aventure scolaires.
Alors, on pourra éventuellement regretter que le monde soit si immuable malgré les voyages temporels ou la répétitivité globale de l’expérience. Reste que ces points nous paraissent si insignifiants comparés au plaisir que The Adventures of Elliot: The Millennium Tales nous a procuré. L’été a à peine commencé qu’on tient déjà là notre coup de cœur estival.


