Electronic Arts devrait passer sous le drapeau saoudien prochainement : la Commission Européenne a autorisé l’acquisition du studio par un consortium dirigé par le Fonds d’Investissement Public (souvent appelé PIF) de l’Arabie Saoudite. Ce rachat, annoncé en septembre dernier, devrait faire partie des plus importants de l’industrie, puisque le prix du studio a été estimé à 55 milliards de dollars.
De cette manière, la Commission assure que l’acquisition d’Electronic Arts aurait « un impact limité sur les marchés au sein desquels les entreprises sont actives ». Pour rappel, si on remarque surtout l’implication du PIF, deux fonds américains ont également fait l’objet d’une étude par la Commission, Silver Lake Partners et Affinity Partners, qui est lié à la famille Trump.
Ce n’est pas tant le contenu de la transaction qui a été observé par la Commission que les acteurs concernés. En effet, il était surtout question d’identifier si la passation du studio aux mains du PIF et de ses consorts ne risquerait pas de créer un acteur trop puissant, écrasant les autres acteurs au sein de l’Europe. Autrement dit, c’est leur implication déjà effective dans le domaine, mise en perspective avec les éléments d’Electronic Arts, qui ont été étudiés.
Même pour l’Arabie Saoudite, Electronic Arts est un gros poisson
On le sait, le jeu vidéo occupe une place de choix dans la stratégie saoudienne. D’un côté, le PIF espère diversifier ses revenus, de l’autre, le comité d’administration y voit un moyen de faire oublier les enjeux éthiques qui placent le pays sous le feu de critiques régulières. Même au sein de cette stratégie, l’acquisition directe d’Electronic Arts est inattendue.
Pour ce qui est des acquisitions de studios, l’Arabie Saoudite passe généralement par une succursale, Savvy Games Group, et fonctionne de deux manières. Soit Savvy Games Group s’octroie une petite partie des actions du studio, c’est surtout le cas de grands studios historiques tels que Nintendo, Square Enix ou Namco, soit c’est l’intégralité du studio qui est racheté, pour des studios plus récents tels que Niantic.
Il s’agit donc, du moins en apparence, d’une nouvelle stratégie plus directe, mais qui devrait rester exceptionnelle au vu des coûts qu’elle engendre. La validation par la Commission Européenne ne sera d’ailleurs pas l’étape finale validant le rachat. Les Etats-Unis devraient aussi avoir leur mot à dire, avec un examen du rachat par la Federal Trade Commission (FTC) à venir.
Comme la Commission Européenne, la FTC prendra bien évidemment la question de la concurrence sur le marché régional américain dans son étude, cependant, d’autres éléments seront pris en compte dans cette étude. Notamment, les syndicats pointent du doigt les risques de licenciements ainsi que l’influence que pourrait avoir les nouveaux propriétaires d’Electronic Arts sur les salaires de l’industrie au global.
Ainsi, si l’approbation de la Commission Européenne était un passage nécessaire à la validation de la transaction, la situation est loin d’être débloquée. Les enjeux sont d’autant plus importants que le PIF étant un acteur étranger, la transaction est également étroitement surveillée par les acteurs politiques, s’inquiétant d’un risque d’ingérence. Il reste à voir comment les organismes étatiques s’impliqueront dans l’étude de ce rachat, qui n’attend plus que ce retour pour être enclenché.

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