Deux ans après un lancement en dents de scie, Dragon’s Dogma 2 s’apprête à vivre une seconde vie. Cette semaine, le producteur Naoto Oyama et le directeur Kento Kinoshita ont donné plusieurs interviews, et le tableau qui s’en dégage est celui d’un studio qui ne cherche plus à se justifier, mais à faire amende honorable. Entre le grand ménage des microtransactions du jeu, les mises à jour progressives et un port Switch 2 qui surprend même ses créateurs, Dark Arisen ressemble moins à une extension qu’à une opération de réhabilitation.
Regagner la confiance des joueurs, un patch après l’autre
Interrogé par Eurogamer sur l’état d’esprit de l’équipe, Oyama ne tourne pas autour du pot et reconnaît que Capcom fait tout son possible pour regagner la confiance des joueurs déçus par le lancement original. Un aveu qui rappelle la dure réalité des conditions d’arrivée du jeu il y a deux ans : un système de jeu punitif demandant de passer par la microtransaction pour faciliter le voyage rapide ou créer un second personnage, des soucis d’optimisation persistants, et une proposition globale mitigée qui souffrait de tous les défauts du premier opus. Bref, Dragon’s Dogma 2 avait accumulé les griefs malgré un accueil critique plus que correct.
Pour paver la voie à l’extension avant l’hiver prochain, deux mises à jour gratuites ont été prévues pour tous les joueurs. La première a donné le ton en juin dernier, en supprimant les microtransactions controversées et en introduisant la « transpierre éternelle », un objet offrant du voyage rapide illimité entre les hubs principaux. De quoi désamorcer l’un des reproches les plus récurrents faits au jeu et son système de déplacement rapide particulièrement restreint.
La suite arrive fin août avec la mise à jour 3.2 : plusieurs emplacements de sauvegarde enfin disponibles, le passage de quatre à six compétences actives équipables, une refonte du fléau-draconique et une optimisation des performances présentée comme le véritable test de crédibilité avant la sortie de l’extension.
Écouter les joueurs sans perdre le nord
Ce qui frappe le plus dans les propos de Kinoshita, c’est la prudence avec laquelle l’équipe trie les retours des joueurs. Le réalisateur admet volontiers que certains partis pris pensés à l’origine pour nourrir une « aventure réaliste » ont surtout été vécus comme des contraintes gratuites plutôt que comme des choix de conception assumés. D’où la logique retenue pour les mises à jour comme pour l’extension : ajouter des options, sans jamais retirer la friction qui fait l’identité de la série. Car le réalisateur revendique aussi, dans la foulée, la « nature hardcore » de la formule Dragon’s Dogma.
« Le game design vous oblige à réfléchir à des choses auxquelles vous ne penseriez pas forcément dans tous les jeux, ni même dans tous les RPG en monde ouvert. Le fait de devoir ensuite élaborer une stratégie pour exister dans cet univers, puis faire des choix difficiles quant à la manière et au moment de l’adapter, c’est précisément ce que les joueurs apprécient dans cette série. Je ne veux surtout pas apporter des changements qui compromettraient cet aspect de Dragon’s Dogma. En revanche, je souhaite offrir davantage de possibilités aux joueurs, afin qu’ils disposent d’un éventail plus large d’options stratégiques.»
Les interviews ont aussi précisé la durée de vie de l’extension. Le nouveau scénario de Norgan, région septentrionale balayée par les blizzards, demandera ainsi quinze à vingt heures de jeu, et s’adressera aux aventuriers qui ont atteint le niveau 40. S’y ajoutent douze donjons inédits, les « Rites Oubliés », accessibles dès le niveau 20 et pensés pour trente minutes à une heure d’exploration chacun, soit plus de vingt-cinq heures de contenu cumulé. Un système de Reliques à ramasser et identifier viendra alimenter une boucle de hack-and-slash exclusive à Norgan, tandis que le jeu de base représente déjà, à lui seul, trente à quarante heures.
Un portage Switch 2 qui semble déjà prometteur
l’arrivée surprise de Dragon’s Dogma 2 sur Switch 2 avait été annoncée en même temps que son extension Dark Arisen, et avait pour le moins déstabilisé les joueurs, encore traumatisés par les soucis de performance des versions consoles de salon. Pour autant, Oyama déclare que le portage va jusqu’à dépasser les attentes de l’équipe. Cela serait rendu possible par le RE Engine, moteur maison déjà éprouvé sur la Switch 2 via resident Evil Requiem ou Pragmata.
De plus, la version Switch 2 profitera également de toutes les optimisations apportées par les mises à jour depuis 2 ans. Oyama évoque ainsi un minimum de 30 images par seconde, avec des pointes plus hautes selon les zones.
Aucune fonctionnalité spécifique liée aux Joy-Con 2 n’est prévue pour l’instant, mais l’essentiel est ailleurs : ce portage qui semble réussi est peut-être la meilleure démonstration que Capcom tient enfin le bon bout avec Dragon’s Dogma 2. Entre performances corrigées, fonctionnalités enrichies et expérience affinée sans être édulcorée, peut-être que ce second Dark Arisen deviendra aussi culte que le premier.
Pour rappel, Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen sortira le 9 octobre 2026 sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, en achat autonome à moins de 30 euros ou en pack complet autour de 50 euros.

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