3 ans après la sortie d’un remake tout à fait honorable et qui a donné à la licence un nouveau coup de projecteur, la saga Dead Space semble être toujours au point mort. Malgré presque 1.6 million de copies du remake écoulées, Electronic Arts n’a jamais donné le feu vert pour un potentiel remake du second opus. L’éditeur ayant eu de trop hautes attentes avec ce Dead Space cuvée 2023, les différents projets de suites sont également freinés voire purement et simplement annulés. L’ancien scénariste et producteur de la série Chuck Beaver donne aujourd’hui quelques pistes de réponses quant à l’avenir de la licence.
Chuck Beaver, ou le producteur pragmatique
À l’occasion d’une interview donnée pour le podcast FRVR, le producteur a clairement indiqué qu’une suite de Dead Space 3 était hautement improbable et tiendrait du fantasme. D’après lui, les chiffres de vente de Dead Space remake, et l’accueil plutôt mitigé fait à Dead Space 3, sont les principaux arguments avancés par Electronic Arts. Aux vues des frais de développement actuels, Beaver doute qu’une énième aventure de l’ingénieur spatial Isaac Clarke soit réellement rentable.
« Les jeux d’horreur ont leurs limites, vous savez, et je crois que du temps de Frank Gibeau (ancien vice-président d’EA), il fallait 5 millions d’unités pour espérer développer un prochain Dead Space. […] Je pense que la limite est fixée à environ 15 millions d’unités maintenant, vu le coût des choses […] »
L’autre argument avancé par Beaver concerne le monde du jeu vidéo horrifique. Les propositions sont multiples, et n’est pas Resident Evil ou Silent Hill qui veut. Dead Space, bien que ses deux premiers épisodes furent excellents, n’est pas fait du même bois.
De plus, le troisième épisode se terminant sur un cliffhanger, nombreux sont les fans à avoir espéré une conclusion satisfaisante pour Clarke. Encore une fois, Chuck Beaver se montre réaliste et en phase avec son poste de producteur.
« C’est décevant de ne pas pouvoir mener une franchise aussi appréciée à son terme logique, mais je suppose que je suis trop dans ma vision de producteur. Je produis depuis trop longtemps. Je comprends les chiffres, je comprends la situation et pourquoi même Motive n’a pas reçu de feu vert pour un nouveau projet après le remake. »
Les chiffres parlent et, pour une fois, il est plutôt surprenant de voir un producteur emprunter le chemin de la raison. Nombreux sont ceux qui auraient tenté de mettre toutes leurs billes sur la licence phare du moment, malgré les critiques plutôt moyennes.
Un modèle économique insuffisant pour Dead Space ?
Dead Space, comme beaucoup d’autres, ne répond peut-être plus à la demande des joueurs d’aujourd’hui ? Les expériences solo les plus appréciées s’inscrivent dans une mode, comme le souls-like ces dernières années. Le modèle du jeu service et du free-to-play avec microtransactions a pris le pas sur les expériences purement solo. Chuck Beaver croit en cette mode qui éclipse peu à peu les propositions originales solo d’aujourd’hui.
« […] Les entreprises recherchent aujourd’hui le prochain Fortnite. Elles ont besoin d’un produit rentable sur le long terme… un jeu solo sans service est un modèle économique complètement dépassé. »
Même si les contre-exemples sont nombreux, prenons le cas de Resident Evil: Requiem ou de Pragmata, il est vrai que les jeux basés sur ces différents modèles économiques sont ceux qui dominent nettement le marché de 2026. Counter Strike, Fortnite, Valorant, ou encore Arc Raiders ont encore de beaux jours devant eux, le retour sur investissement de ces différents titres peut se faire sur le très long terme contrairement aux expériences solo proposées sans DLC ou autres battle-pass.
Un système économique n’allant guère de pair avec le genre adapté, une situation financière complexe suite à des ventes décevantes et des retours critiques sur le dernier opus canon en date plutôt mitigés, avec tous ces éléments mis bout à bout, il n’est guère étonnant de voir la licence Dead Space sombrer dans l’abysse.
Mais est-ce réellement un mal pour Dead Space de ne pas connaître de suite ? Après avoir livré son magnum opus avec le second épisode, la licence s’est embourbée dans un gameplay plus action que frisson, souhaitant coller aux productions en vogue à l’époque. Couplé à un scénario frôlant la série B voire Z, Dead Space 3 était une sacrée douche froide pour les fans et ce n’est pas sa campagne coop ni son cliffhanger qui nous feront regretter l’absence d’un quatrième volume.

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