Le départ inattendu de Phil Spencer a secoué l’industrie. Mais surtout, le fait qu’il soit immédiatement suivi de celui de Sarah Bond, que beaucoup voyait prendre la succession à la tête d’Xbox, a semé le doute sur les réelles raisons de cette sortie conjointe. Pour Seamus Blackley, créateur de la Xbox originale en 2001, c’est purement et simplement la fin de Xbox qui est ici au programme, et la mission de la nouvelle PDG de la branche gaming de Microsoft n’est autre que de mener cette fermeture.
« Satya Nadella [PDG de Microsoft, NDLR] a beaucoup parié et beaucoup investi, tant en argent qu’en crédibilité, dans un avenir transformé par l’IA. Xbox, comme de nombreuses entreprises qui ne sont pas portées par l’IA, est en train d’être supprimé. Personne ne le dit, mais c’est ce qu’il se passe. Je m’attends à ce que la nouvelle PDG, Asha Sharma, ait pour mission de donner à Xbox les soins palliatifs jusqu’à ce que la marque s’endorme doucement. » – Seamus Blackley, dans une interview à GamesBeat (traduit par la rédaction)
Une analyse alarmiste, mais soutenue par quelques éléments. C’est d’abord un bruit qui court depuis de nombreux mois chez les joueurs, renforcé par la récente politique d’abandon des exclusivités : Xbox suivrait les traces de SEGA et abandonnerait le hardware pour devenir un éditeur à plein temps. Phil Spencer a toujours nié cette direction, et insisté sur l’existence de la Xbox de prochaine génération. Cependant, et même si AMD a confirmé la future Xbox, il faut bien réaliser que les chiffres de ventes de consoles Microsoft sont catastrophiques, et que les plus grands succès de la marque verte se font désormais sur PS5 (à l’image de Forza Horizon 5) !
Une réalité que la direction de Microsoft voit évidemment mieux que nous, et qui fait probablement que les relations entre la direction du groupe et Phil Spencer étaient réputées tendues depuis quelques mois. Après les investissements colossaux, notamment pour acquérir Activision-Blizzard, Microsoft entend désormais en récolter quelques fruits, qui tardent à venir.
Et puis, il y a le profil même d’Asha Sharma. Venue de la branche IA de Microsoft (rien que ça, ça valide partiellement la théorie de Blackley !), son expertise gaming est depuis l’annonce de sa nomination remise en question. Elle a dernièrement partagé son gamertag, ce qui a permis de voir que son histoire avec les jeux sur consoles Xbox dataient de … cinq petites semaines ! À croire que son profil a été créé, au mieux pour se renseigner en amont sur les produits qu’elle allait diriger (difficile alors de parler d’expertise en cinq semaines, quand Phil Spencer affichait 1 200 heures sur Destiny), au pire pour se construire une « gamer cred », une crédibilité en tant que joueuse.
Les dernières années d’Xbox ont été mouvementées, et les décisions, souvent contestées, n’ont pas toujours été comprises. Le départ de Phil Spencer et l’arrivée d’Asha Sharma vont probablement « normaliser » les relations avec Satya Nadella et la direction générale de Microsoft, mais peut-être pas au bénéfice des joueurs, ni du jeu vidéo.

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