On aurait tendance à l’oublier mais le folklore des 1001 nuits n’est pas l’exclusivité du Prince de Perse. Avec l’annulation de son remake, Ubisoft a laissé un vide que les développeurs de MBC Game Studios sont prêts à combler. Dévoilé pendant l’Opening Night Live de la Gamescom, 1001 Threads of Mizan est un jeu d’action-aventure se déroulant dans un univers tiré des légendes d’Aladin, d’Ali Baba ou encore de Sinbad. Il sera possible de parcourir ce monde en coopération jusqu’à trois joueurs.
En développement depuis 2023, c’est le premier jeu d’un studio qui compte quelques vétérans de l’industrie. On parle notamment de Lars Bonde, directeur créatif sur la licence Watchdogs (et oui, Ubisoft n’est jamais bien loin). La date de sortie n’a pas été annoncée mais plusieurs privilégiés ont déjà pu s’y essayer et partager du gameplay, on est donc en droit de supposer qu’il entre dans sa phase de final de développement. Ainsi, il pourrait sortir dans le courant de l’année prochaine sur consoles et PC.
Une légende orientale en devenir ?
Si 1001 Threads of Mizan n’adapte pas une histoire particulière des 1001 nuits, il en tire les éléments principaux de son intrigue pour construire une histoire originale contée par la légendaire Shéhérazade. Trois personnages aux capacités différentes pourront se déplacer en tapis volant pour couvrir de grandes distances et éviter les attaques des djinns titanesques qui menacent de détruire leur monde. Yasra, la chasseuse de reliques, est polyvalente grâce à son arc et sa lance. Malik, le soldat lourd, possède un bouclier pour se défendre mais il peut aussi le scinder en deux pour attaquer au corps à corps. Et enfin Sufyan, le pirate, peut garder les ennemis en respect grâce à son sabre-fouet.
Le trailer d’annonce a de quoi séduire, et les images du jeu témoignent d’une production de grande qualité avec une modélisation des personnages et des ennemis exemplaires. L’équipe a d’ailleurs pleinement intégré dans son processus créatif des historiens de la littérature orientale pour que leur univers adapte le plus fidèlement possible les contes persans.
On peut toutefois émettre quelques réserves concernant le gameplay qui pourrait s’avérer un peu trop déjà vu et semble un peu haché dans ses animations, notamment les esquives. Si on ajoute à cela le HUD très conventionnel cela donne une proposition d’ensemble qui dénote fatalement avec la promesse d’un univers oriental mythique très dépaysant.
Espérons que les efforts seront concentrés sur le fait de rendre le jeu un peu plus fantaisiste. Pour l’instant, malgré des créatures originales, le désert est assez générique et apparaît très désaturé à l’écran, comme le reste de ce monde qui manque désespérément d’un peu d’excentricité. En l’état, on a malheureusement l’impression de regarder des images d’un pseudo Anthem désertique.
Encore une fois, un studio reçoit une grande quantité d’argent pour produire un jeu et décide de ne pas prendre trop de risque pour attirer les joueurs et contenter les producteurs. Ici, c’est le PIF, le fond d’investissement saoudien, qui a permis le financement de ce projet afin de mettre en avant la culture du Moyen-Orient et une certaine vision de son passé.
Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu le soft-power saoudien s’impliquer dans la création d’une œuvre qui fait rayonner l’Orient à travers le monde. Espérons que malgré une équipe essentiellement composée d’occidentaux, 1001 Threads of Mizan permette aux développeurs orientaux de se former et de nous offrir leurs propres grosses productions au sein d’une industrie encore trop américano-centrée.

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