Beyond Good and Evil 2 est maintenant en développement depuis bientôt vingt (20) ans ! Oui, on l’écrit en chiffres et en lettres pour que chacun prenne bien la mesure de la chose. Dans le même intervalle de temps, par exemple, il est sorti 19 jeux (dix-neuf !!) Call of Duty.
Depuis le démarrage de son développement, le titre a connu nombre de remous, dont le départ de Michel Ancel, à l’origine de la licence (et de Rayman), alors accusé notamment par le journal Libération (qui avait révélé en les affaires de harcèlement chez Ubisoft) de management toxique. Il est depuis revenu sur ces accusations, qu’il juge « exagérées ». Beyond Good and Evil 2 n’a plus d’actualité officielle depuis le 12 juillet 2020, date du dernier post sur la page officielle du jeu, et nombreux sont ceux qui imaginent que le travail réalisé jusqu’alors a été recyclé dans Star Wars Outlaws.
Pourtant, Ubisoft assure que le titre est toujours en développement, et l’inclut dans l’organigramme de ses nouvelles « creative houses », au cœur de la nouvelle stratégie annoncée il y a quelques jours ; celle-là même qui provoquait l’annulation de sept jeux alors en développement, la fermeture de plusieurs studios, et le probable futur licenciement de nombreux développeurs (si la moitié des projets sont annulés, il va-t-être compliqué de recaser tout le monde…).
Alors pourquoi Beyond Good & Evil 2 continue d’apparaître parmi les projets toujours en cours d’Ubisoft quand un Prince of Persia se voit annulé à quelques semaines de sa sortie ? Et surtout, faut-il y croire ?
La réponse à la deuxième question sera difficilement positive. Et c’est tout le problème d’Ubisoft : plus personne n’y croit. L’action est tombée à un niveau terriblement bas, à environ 4€ à l’heure où nous rédigeons ces lignes, contre plus de 100€ à l’automne 2018, signe plus que transparent d’une confiance des investisseurs en berne.
De leur côté, les joueurs ont plus ou moins boudé Mario + The Lapins Crétins Sparks of Hope, Star Wars Outlaws, et dans une certaine mesure Assassin’s Creed Shadows (qui a connu un excellent démarrage, mais un ralentissement rapide de ses ventes). Des jeux aux univers, gameplay, et publics ciblés assez différents, dont le point commun, outre les résultats décevants, est d’avoir connu un accueil critique plutôt positif et… d’être publiés par Ubisoft. Il semble ainsi que, par le manque de confiance qu’elle inspire, la marque elle-même empêche un jeu de fonctionner.
Dans ces conditions, qui croira vraiment qu’une arlésienne de bientôt vingt ans, qui n’a donné aucun signe de vie (ni image, ni trailer…) depuis plusieurs années, serait vraiment encore dans les tuyaux ? Ubisoft cherche-t-il a faire parler de lui pour autre chose de pour sa gestion désastreuse, ou ne veut-il simplement pas reconnaître officiellement (et devant ses investisseurs) l’abandon d’un titre qui aurait déjà coûté, d’après Tom Henderson d’Insider Gaming, 500 millions d’Euros ?

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