Stellar Blade avait plus que maladroitement basé sa communication sur les courbes de son héroïne, à tel point que même les « gamers », pourtant pas le public le plus progressiste et féministe de l’industrie culturelle, avaient moqué le premier trailer où le fessier d’Eve apparaissant dans absolument tous les plans.
On avait par la suite été étonné des vraies qualités du gameplay, qui ne nécessitait absolument pas, au contraire, de se « cacher » derrière cette communication racoleuse. Une communication contre-productive, puisque l’orientation sexy de la promo nous avait laissé croire que le jeu cherchait à attirer le chaland avec des arguments autres que ceux du gameplay, avec le sous-entendu que celui-ci n’était pas à la hauteur.
À ce titre, Stellar Blade restera l’exception qui confirme la règle, ainsi que le montre la carrière de The First Descendant, le shooter-looter de Nexon (Blue Archive, Couter Strike Online, mais aussi ARC Raiders en tant qu’éditeur). Le titre nous prouve une fois plus que la présence de personnages féminins à moitié nus reste, comme souvent, un leurre destiné à détourner l’attention d’une proposition ludique bancale. Il existe, certes, des exceptions, mais The First Descendant n’est pas de celles-là. Au contraire, son évolution est même un cas d’école.
Le jeu tablait, dès sa sortie, sur une D.A. résolument sexy. Pourquoi pas, se dira-t-on, en ayant en tête des Bayonetta ou des NieR: Automata, qui eux aussi reposent pour beaucoup sur le charme des leurs personnages respectifs, sans être pour autant dépourvus de qualités. The First Descendant réussira à attirer les curieux avec un démarrage solide, et un pic à presque 265 000 joueurs simultanés.
Mais par nature, le leurre ne fonctionne que temporairement, et le jeu n’aura pas convaincu ces mêmes curieux, qui le désertent rapidement. Nexon se dit alors qu’il faut donner au joueur ce qu’il attend : un gameplay plus solide ? Non, plus de cul ! Pardonnez-nous l’expression, mais on a vraiment l’impression que c’est à peu près en ces termes que l’évolution du jeu service a été pensée.
Quelques mois après sa sortie, et pour tenter de colmater les fuites de joueurs, le développeur annonce implémenter une fonctionnalité selon lui « très attendue » : de la « jiggle physic », cette animation que nous avons pour beaucoup découvert dans Dead or Alive et qui fait « rebondir » la poitrine des héroïnes (de façon souvent amplifiée) au gré de leurs mouvements.
Cela n’aura vraisemblablement pas suffi, alors les vêtements et armures rétréciront inexorablement, dans la communication du jeu comme sur les écran des joueurs, au point de faire passer Stellar Blade pour un jeu prude. Mais contrairement à ce que semblaient penser les décideurs de Nexon, ce n’est peut-être pas exactement ce qu’attendaient les joueurs, et The First Descendant continue de plonger. Le PDG du studio et éditeur l’aura finalement reconnu ; « ça ne marche pas », a-t-il déclaré dans une communication destinée aux investisseurs.
« Un démarrage puissant, mais peu de capacité à durer. Ce sont des problèmes de design qu’on ne pourra pas régler avec un patch, et qui nécessitent des changements structurels à apporter aux mécaniques de jeu » – Junghun Lee, PDG de Nexon, à propose de The First Descendant.
Il aura donc fallu deux ans à ce monsieur pour réaliser qu’une petite culotte ne fait pas un bon jeu. Un nouvel indice dans la longue litanie de ceux qui nous font dire que les décideurs ne comprennent souvent rien au média.
Nexon n’enterre pas (encore) le jeu, et une mise à jour était programmée pour aujourd’hui. Mais à une époque où des titres sont « débranchés » en quelques heures, voire avant même leur sortie, on a du mal à croire que le coréen continuera longtemps d’alimenter un titre qui, avec 57% des 110 000 avis sur Steam, est jugé « moyen » et nuit plus à son image qu’il ne lui rapporte.

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