Certains trouvent les jeux contemporains trop faciles. Et il est vrai qu’en remettant les mains sur certains jeux de la génération 16 bits, beaucoup d’entre-eux n’ont rien à envier à FromSoftware en termes de difficulté, et n’intègrent même pas de feux de camp à leur level design. Permadeath pour tout le monde ! Bien entendu, on a aussi à l’esprit des problématiques d’accessibilité qui n’apparaissaient pas tellement dans les équations, il y a vingt ou trente ans. C’est probablement avec ceci à l’esprit que Sony a déposé un brevet concernant un outil pour assister le joueurs dans les passages les plus délicats.
Concrètement, en cas de blocage, on pourrait faire appel à un « fantôme » qui nous montrerait la marche à suivre (comment résoudre un puzzle, la façon de battre un ennemi un peu rude…) avant de l’imiter. Et si cela ne suffisait pas, le « fantôme » pourrait prendre la main sur le jeu et faire le travail à notre place.

Ainsi, certains joueurs, par manque de temps, de compétences, ou par flemme avaient déjà pris l’habitude de finir les jeux « sur YouTube » (soit regarder une vidéo de quelqu’un qui joue plutôt que de jouer soi-même). Ils pourront désormais envoyer le « fantôme » finir le jeu à leur place. Et bien entendu, ce ne sera une surprise pour personne, cet outil sera propulsé… à l’I.A. !
Des industriels développent donc des technologies qui jouent à la place des joueurs, pendant que les joueurs ne peuvent plus jouer, faute de ressources accaparée par ces même technos (on parle ici de la crise de la RAM). L’I.A. nous pique nos jobs, elle veut maintenant nous voler nos loisirs…
Pas vraiment nouveau, ce brevet de Sony a en vérité été déposé en septembre 2024, mais n’a été publié que tout récemment. Et il ne vous aura pas échappé qu’en presque un an et demi (une éternité à l’échelle de l’I.A.), rien n’a été annoncé qui aille dans le sens de l’arrivée du « fantôme I.A. ». Peut-être parce que pas grand monde n’utilise l’outil déjà implémenté dans les PlayStation, le PS5 Game Help (ou Aide de Jeu, en français), mais surtout, si les investisseurs continuent de miser lourdement sur l’intelligence artificielle, côté grand public, on arriverait à saturation. Une forme de fIAtigue (vous l’aurez lu ici en premier !).
Ainsi, le fabricant de PC Dell, qui fabrique les aussi les PC Alienware, sa branche « gaming », a été le premier à jeter le pavé dans la mare(-keting), en déclarant que l’argument de l’I.A. ne faisait pas vendre plus de machines :
« Ils [les consommateurs, NDLR] n’achètent pas sur la base de l’IA. En réalité, cela les embrouille plus que ça ne les aide » – Kevin Terwilliger, responsable produit Dell, au CES.
Une affirmation qui repose sur les campagne de Dell, montrant que l’I.A. n’est absolument pas un critère qui retient l’attention des consommateurs, au contraire de spécificités plus « concrètes » , comme les performances, le silence, ou l’autonomie.
Cela ne signifie pas que Dell va abandonner le recours à l’I.A., mais probablement que cela ne sera plus un argument publicitaire majeur, et juste l’outil technique que cela n’aurait jamais dû cesser d’être, comme les algorithmes en leur temps. En espérant que cela en inspirera d’autres…

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