C’est une période difficile que traverse SEGA : le bilan du troisième quart de l’exercice financier 2026 vient de sortir, l’entreprise mère, Sega Sammy, dresse le portrait d’une entreprise dans le rouge. Bien qu’elle prévoyait plus de 200 millions d’euros de bénéfices prévus, l’entreprise se retrouve à accuser une perte de plus de 70 millions. A l’origine de cette situation, on retrouve forcément des jeux qui ont déçus, mais pas que…
Sur le papier, c’est une grosse perte. Du côté de la division jeu vidéo, les bénéfices passent de 138 millions d’euros à 77 millions d’euros au même moment de l’année entre 2025 et 2026. Derrière cette situation, le studio reconnaît avoir proposé un faible nombre de sorties du côté des jeux payants. Entre les lignes, le studio mentionne Football Manager 26, dont les résultats auraient été décevants malgré un réel soutien du jeu après sa sortie par les équipes de développement.
En même temps, les titres free-to-play n’ont pas non plus été au niveau. Le studio cite en particulier Sonic Rumble. Bien que ce soit un jeu de la licence phare du studio, le jeu peine à attirer du public. Ce n’est pas une situation surprenante au vu des retours sur le jeu. Si, lors de sa sortie, qui avait déjà été fortement différée, le jeu avait accumulé plus de 10 millions de pré-inscriptions, les joueurs ont vite déchanté au vu du modèle économique très agressif du titre.
SEGA et les acquisitions, un nid à problèmes
Les jeux n’ont pas atteint les attentes du studio mais ils ne sont pas le cœur du problème. A l’origine du trou béant du bilan, on retrouve bien Rovio, dont l’acquisition a été réalisée en 2023 et Stakelogic dont l’acquisition a été finalisée en 2025. Dans le cas du premier, l’objectif était de profiter d’une expertise sur le jeu mobile, expertise qui n’aura pas été suffisante au vu des coûts impliqués dans l’affaire. Rovio a vu l’intégralité de ses titres perdre en utilisateurs quotidiens depuis l’acquisition, menant à une dépréciation financière de près de 180 millions d’euros.
La situation de Stakelogic est différente, SEGA en avait fait l’acquisition afin de profiter de son parc de casinos en ligne. Une acquisition qui n’avait pas été simple, puisque Sega avait essayé de se retirer de l’affaire, prétextant un non-respect des lois japonaises au regard des jeux d’argent. Toutefois, SEGA avait été obligé de finaliser l’acquisition courant 2025. Le deal, en lequel les têtes pensantes de l’entreprise ne croyaient plus, a couté 125 millions d’euros, pour une perte nette de plus de 80 millions d’euros.
Suite à ces situations, SEGA a logiquement annoncé freiner toute volonté d’acquisition à l’avenir. Si l’avenir de Stakelogic est incertain, Rovio sera mis à profit, d’abord sur le développement de Sonic Rumble, puis à travers une reprise de la licence Angry Birds au cinéma.
Se recentrer sur des licences majeures en 2027
Face à ces difficultés, SEGA reconnaît tout de même avoir proposé un catalogue de jeux limité, c’est pourquoi le studio prévoit de sortir quatre jeux tirés de licences importantes du studio au cours de l’année prochaine. Ces sorties seront effectuées en s’appuyant sur un calendrier qui permettra de développer les licences sur divers supports, renforçant leur visibilité.
Actuellement, beaucoup des titres en cours de développement chez SEGA sont connus : des nouveaux Warhammer 40000 et Total War, un remake de Persona… au cours du bilan, d’autres licences ont été mentionnées, telles que Streets of Rage, Jet Set Radio ou Alien Isolation.
Cela dit, on peut se demander si la stratégie sera suffisante pour endiguer la chute subie par le studio actuellement. En effet, si le studio dispose de licences fortes, certains choix peuvent surprendre : suite à l’échec (relatif) de Football Manager 26, dû à une sortie peu soignée sur un marché déjà surchargé, SEGA choisit de… remettre le couvert en sortant en janvier Sega Football Club Champions, un titre mobile qui reprend beaucoup d’éléments de Football Manager 26.
Proposer de bons jeux, tirés de licences fortes, c’est certainement un choix nécessaire et évident pour redresser la barre. Toutefois, ce n’est pas suffisant. SEGA accuse beaucoup le rôle des acquisitions dans le bilan décevant de cette période, ce n’est pourtant bien évidemment pas le seul problème de gestion auquel le studio fait face. Il faudra non seulement des bons jeux, mais aussi l’art et la manière de les sortir au moment adapté.

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