Après la série animée Scott Pilgrim takes off sur Netflix, la joyeuse bande créée par Brian Lee O’Malley en 2004 revient dans une nouvelle variation avec Scott Pigrim EX. Un titre en forme de clin d’œil, car si le « EX » est un gimmick marketing pouvant signifier « extra » ou « expended » (Street Fighter EX en 1996 ou le mode EX de Pokémon Rumble en 2009), on pense évidemment aux sept « ex » maléfiques de Ramona Flower que Scott a dû affronter dans l’histoire originale.
Ici, et comme dans la série de Netflix (mais sans adapter celle-ci non plus), le jeu prend un virage scénaristique pour raconter une histoire complètement originale écrite avec Brian Lee O’Malley lui-même. Avec une intro laconique moquant peut-être certains dispositifs narratifs très elliptiques, tels ceux que l’on trouve dans des oeuvres comme le Michel Strogoff de Jules Vernes (certaines facilités, diront certains…), on découvre que « Toronto était dans la tourmente », ce qui explique (ou pas !) la présence de créatures maléfiques dans les rues de la ville.
Comment ? Pourquoi ? On n’en saura pas plus, car il y a plus important : les Sex Bob-omb ont un concert prévu, et ce dernier est mis en péril par Metal Scott, qui enlève les membres du groupe et les éparpille à travers l’espace-temps…
On y retrouve les grandes lignes du gameplay de Scott Pilgrim VS The World, le jeu de 2010, soit un beat’em up faussement rétro, tout en (magnifique) pixel art. L’équipe du premier jeu, à l’époque chez Ubisoft, a depuis fondé son propre studio, Tribute Game, qui a notamment développé TMNT: Shredder’s Revenge. Elle revient pour ce nouvel épisode, où l’on retrouve aussi le groupe chiptune Anamaguchi à la musique.
Mais Scott Pilgril EX n’est pas une redite pour autant, et recèle une grosse nouveauté dans son gameplay : l’absence de la sacro-sainte linéarité des beat’em up. Le jeu fonctionne ainsi sur la base de « mini missions » exigeant d’explorer une carte qui ne s’étale pas uniquement horizontalement, un peu à la manière, déjà, de River City Girls 2, une belle référence dans le genre beat’em up néo-rétro. Comme dans le jeu de WayForward, d’ailleurs, les rues de Toronto offrent de nombreuses boutiques proposant des produits venant ajouter différents bonus à la fiche de personnage, comme autant de variations dans la façon d’aborder les affrontements.
Le challenge est bien présent, et dès les premières minutes de jeu. Les ennemis sont nombreux, et pas aussi stupides que dans certains titres. Heureusement, le jeu propose d’être parcouru jusqu’à quatre joueurs en coop et en local. Les décors sont un spectacle permanent, le pixel art étant particulièrement adapté au style graphique de Brian Lee O’Malley. C’est coloré, animé, bourré de références, comme ce check point en forme de lampadaire rappelant celui de Sonic…
La plus grande qualité du titre réside probablement dans le fait que la démo que nous avons pu parcourir nous a semblée définitivement trop courte, et nous a rendus impatients de découvrir le jeu dans sa version complète. Scott Pilgrim EX sort le 3 mars prochain, sur à peu près tous les supports.

Scott Pilgrim, invité surprise du Summer Game Fest
n1co_m

Scott Pilgrim : survol d’une oeuvre transmédia décalée
City

Digital only – Scott Pilgrim, Etrian Mystery Dungeon et les limites du tout numérique
n1co_m