Savez-vous ce qu’est un shovelware ? Vous en avez sûrement déjà vu ou même acheté par inadvertance. Le but de ces « jeux » est de capitaliser sur le succès ou même la renommée d’un « vrai » jeu pour engranger quelques billets. Souvent peu onéreux, ces titres sont très prisés des chasseurs de trophées. Ils ne vous demanderont pas plus d’une heure ou deux pour déverrouiller le précieux platine.
Le shovelware est un véritable marché qui attire le collectionneur et malencontreusement le joueur peu attentif. Force est de constater que les jeux sont de qualité médiocre (pour ne pas dire inexistant), réalisés à la va-vite et souvent calqués sur des succès du jeu vidéo. Et en ce mois de janvier 2026, PlayStation vient d’effectuer un immense coup de filet en supprimant près de 1 200 shovelwares du PlayStation Network et en bannissant l’un des principaux éditeurs derrière cette mode abjecte.
ThiGames, le premier d’une longue série ?
À la manière des productions Asylum pour le cinéma, ces jeux comptent sur l’œil peu attentif des joueurs occasionnels pour atterrir dans leur bibliothèque. Ainsi Resident Evil Village devient Ebola Village chez indie_games_studio, une proposition honteuse mais relativement sympathique (pour peu qu’on ferme les yeux sur beaucoup d’aspects).
Mais une autre pratique, autre que celle du plagiat pur et simple, est apparue avec des développeurs tels que ThiGames. Ce dernier s’est spécialisé dans le développement et l’édition de jeux vidéo clonés sur des jeux disponibles gratuitement sur smartphone. The Jumping Shaped Fries ou encore The Jumping Food Catcher en sont de parfaits exemples.
Changer de forme pour passer une porte ou faire glisser un plateau pour récupérer des objets en chute libre. Les boucles de gameplay ne demandent que peu d’application lors du développement, sont rébarbatives et à peine dignes d’une Atari 2600 si l’on excepte la partie graphique.
ThiGames était le quatrième plus gros éditeur du PlayStation Store en terme de jeux publiés. Les trois autres éditeurs sont également de grands férus de shovelwares et de propositions frauduleuses tels que les plagiats et autres copies de jeux mobiles. En comparaison, Sony Interactive Entertainment n’a pour l’instant « que » 666 jeux publiés sur le PSN, cela en dit long sur le caractère d’arnaque qui se cache derrière.
Le shovelware, l’antithèse du jeu vidéo ?
La décision de PlayStation de bannir cet éditeur de sa plateforme de vente est une bonne chose pour son image, mais également pour les joueurs. Un grand nombre des propositions de ThiGames et autres eastasiasoft sont pour la plupart des jeux générés par IA et ne sont présents sur les plateformes de vente que pour enrichir les développeurs.
De plus, cette pratique, pour le moins frauduleuse, est un réel frein pour la pérennité des productions indépendantes plus honnêtes. En inondant les pages nouveautés des différents stores, les shovelwares s’accaparent la visibilité des productions indépendantes qui, la plupart du temps, sortent de l’ombre dans une indifférence quasi-générale.
PlayStation justifie cette action de bannissement en soulignant l’envie de protéger ses consommateurs contre des jeux et logiciels ne respectant pas les standards minimums attendus. Ce n’est pas la première fois qu’un éditeur se retrouve être banni du store PlayStation, mais c’est bien la première fois qu’un éditeur pesant autant dans la balance se retrouve sous les feux.
Le message est clair et l’heure n’est plus aux avertissements. À une époque dans laquelle proposer une expérience vidéoludique honnête et efficace devient de plus en plus complexe, l’industrie n’a pas réellement besoin de voir ces propositions, même les plus modestes, être éclipsées par ces ersatz bons marchés qui ne servent qu’à générer de manière rapide et immédiate le plus de revenu possible. Espérons que Nintendo suive le même chemin…

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DracoSH