Samorost, Botanicula ou encore Machinarium : autant de titres qui ont sans doute déjà effleuré vos oreilles, que ce soit au détour d’une conversation passionnée ou dans la liste de favoris de ce fameux ami collectionneur de point-and-click atypiques.
Derrière ces noms aux sonorités étranges se cache Amanita Design, un studio tchèque qui a su se bâtir une réputation internationale sans jamais renier son ADN artisanal. Depuis sa fondation, l’ambition du studio est restée la même : concevoir des œuvres dont chaque pixel transpire le travail manuel. Ici, on ne parle pas de polygones froids, mais de dessins à la mine de plomb, de photographies de textures réelles et d’une direction sonore organique.
Cette philosophie du « fait main » semble atteindre aujourd’hui un nouveau sommet avec leur projet le plus ambitieux à ce jour : Phonopolis. Contrairement aux productions actuelles qui ne jurent que par le photoréalisme numérique, Phonopolis embrasse une esthétique radicalement tactile. Le jeu est littéralement conçu à base de carton, de papier découpé et de peinture.
Jeux de mains, jeux plutôt sympa ?
Le renouveau du genre ne résiderait-il pas, finalement, dans ce genre d’initiatives radicales ? Dans un marché saturé par des AAA aux allures de titans, le Point & Click semble chercher son salut dans l’exception culturelle. Pourtant, ces titres sont voués à se raréfier : leur conception est un sacerdoce, un processus terriblement long et complexe qui s’oppose aux cycles de production effrénés de l’industrie moderne.
Une question demeure : Phonopolis aurait-il la même âme s’il avait cédé aux sirènes des outils numériques plutôt qu’à l’authenticité du carton et de la « vraie » lumière ? Probablement pas.
Pour autant, la méthode de production ne garantit pas la qualité intrinsèque du titre. Des projets comme Harold Halibut en ont fait les frais : une technique de fabrication révolutionnaire peut créer une expérience visuelle sublime, mais elle ne suffit pas toujours à faire un « bon » jeu si le gameplay ou le rythme ne suivent pas. L’artisanat est un écrin, pas une fin en soi.
Alors, en attendant de pouvoir enfin manipuler le carton de Phonopolis, peut-être est-il temps de replonger dans les classiques du studio. Se remettre dans le bain avec les rouages de Machinarium ou l’onirisme de Samorost permet de mesurer le chemin parcouru par Amanita. Et si l’appel de la matière se fait trop pressant, on pourra toujours aller lorgner du côté de la pâte à modeler de The Midnight Walk, prouvant que la scène indépendante n’a pas fini de s’évader du tout-numérique.
Si vous n’avez pas encore franchi le pas, sachez que la démo de Phonopolis est actuellement disponible sur Steam dans le cadre du Steam Next Fest. Ce serait une erreur de manquer l’occasion de toucher du doigt même virtuellement cette œuvre singulière avant sa sortie.

Test The Midnight Walk – L’autre Petit Cauchemar
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Test Harold Halibut – Être et ne pas être
Léo Delacroix

Felt That Boxing distribue des mandales techniques
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