Mewgenics est un titre dont le concept repose sur l’élevage de félins génétiquement optimisés pour le combat, dans le but d’affronter des hordes de monstres. Dans cette optique, le joueur doit perfectionner le cycle de reproduction de ses animaux afin de combiner les caractéristiques les plus avantageuses des deux parents au sein d’une seule et même progéniture. Le joueur sera confronté à des choix cornéliens, comme celui de dévorer un fœtus abandonné dans une poubelle, tout en évoluant au milieu de références artistiques marquées, à l’image du célèbre trou de Junji Ito.
Si ce premier paragraphe n’a pas suffi à vous rebuter, c’est sans doute que vous êtes déjà familier avec l’œuvre d’Edmund McMillen. Ce créateur est passé maître dans l’art de concevoir des jeux à l’esthétique clivante, mais au succès phénoménal.
Avec des titres comme Super Meat Boy, The Binding of Isaac ou The End is Nigh, McMillen s’est imposé comme une véritable machine à succès, capable de transformer des visuels en 2D minimalistes en d’incroyables réussites commerciales.
Même si tout ce qu’il touche ne se change pas systématiquement en or, on oubliera vite le pourtant correct The Legend of Bum-bo ou le bien plus anecdotique Fingered (appréciez la subtilité du titre), Mewgenics part déjà gagnant. Avec un pic à 115 000 joueurs simultanés, dépassant ainsi Hades II, et un demi millions de vente en seulement trente-six heures, le jeu réalise un exploit.
Ce succès fulgurant repose en grande partie sur l’immense capital sympathie et l’aura que McMillen a su bâtir autour de son personnage au fil des années. Avec plus de 130 000 évaluations et un ratio de 97% positif, The Binding of Isaac Rebirth fait certainement partie des monuments de la scène indépendante du jeu vidéo.
Mewgenics c’est Mew ?
On pourrait attribuer une multitude de genres au dernier titre de McMillen : facilitateur de coït animalier, jeu tactique à la Into the Breach ou encore Roguelite. En réalité, le jeu est un savant mélange de tout cela. Le joueur y dirige des chats génétiquement optimisés, leur attribuant des capacités et des objets dans un système de gestion d’équipe qui rappelle Darkest Dungeon, le tout enrobé dans l’esthétique « weird » si chère à Edmund.
Ce cocktail fonctionne d’autant mieux qu’il s’appuie sur une communication singulière, alternant entre bandes annonces hybrides (mêlant animation et prises de vue réelles) et une immense visibilité organique générée par les streamers fans du créateur, complétée par un bouche-à-oreille mondial.
Pour les plus grands fan, McMillen a même confirmé sur X que Mewgenics bénéficierait d’un portage console ainsi que d’un suivi régulier en contenu additionnel au fil du développement. De quoi alimenter les délires les plus fous, éventuellement aller tabasser Méga Satan ou pourquoi pas même Isaac lors d’un caméo dont l’homme est particulièrement friand.