Lors du dernier State of Play de février, Sony et Santa Monica Studio ont surpris un bon nombre de joueurs en annonçant l’arrivée d’un remake de la trilogie grecque de God of War mais surtout la sortie immédiate d’un spin-off de la saga. Laissant de côté le beat’em up nerveux, God of War Sons of Sparta s’essaie au Metroidvania 2D pour nous conter les premières aventures de Kratos en compagnie de son frère Deimos.
Déjà repéré depuis plusieurs mois par les fans à l’affût de la moindre information concernant God of War, les joueurs ne s’attendaient pas à un shadowdrop de la part de Sony. La proposition Sons of Sparta a l’air de se trouver de l’autre côté de l’équation God of War : en transformant un univers de beat’em up sanglant et sans concessions en Metroidvania propice à l’aventure et à l’exploration, Santa Monica Studio prend des risques. Mais quitte à déplaire, cela reste une bonne stratégie pour faire connaître la licence aux néophytes. Alors, God of War Sons of Sparta est-il tellement en opposition avec ses pères ? La licence a-t-elle réussi son virage dans l’univers du Metroidvania ?
(Test de God of War Sons of Sparta réalisé sur PS5 via une copie commerciale du jeu)
This is Metroidvania !
Dans God of War Sons of Sparta, nous incarnons Kratos bien avant son ascension en tant que Dieu de la Guerre, sa montée du Mont Olympe ou son union avec Laufey (la sublime Deborah Ann Woll). Ici Kratos est un jeune spartiate devant faire ses preuves aux côtés de son frère et futur rival Deimos. La quête des deux frères ne sera pas sans encombre et il faudra obtenir les différentes grâces de l’Olympe, des pouvoirs permettant d’ouvrir certains passages jusqu’alors inaccessibles ou affronter des créatures auparavant invulnérables.
Car oui, God of War Sons of Sparta est un Metroidvania qui demandera d’améliorer l’équipement et de revenir faire le tour de la carte pour accomplir tous les défis et terminer toutes les quêtes qui n’étaient pas forcément réalisables en début de partie. Armé de sa lance et de son bouclier, Kratos va devoir parcourir les 21 zones de la carte pour prouver à ses pairs qu’il a tout d’un vrai spartiate prêt à la guerre !
L’aventure, tout en restant propre à la formule Metroidvania, reste suffisamment dirigiste pour ne pas se perdre dans les différentes cartes. Pas trop grand, ni trop étouffant, l’agencement du monde de Sons of Sparta nous permet de retenir facilement l’emplacement des différents endroits qui seront accessibles plus tard sans abuser du voyage rapide grâce aux temples des différentes divinités.
En plus des temples qui permettront de voyager plus rapidement et d’améliorer les statistiques de Kratos grâce à des offrandes, plusieurs feux de camp sont disséminés un peu partout sur la carte. Ces derniers permettront de sauvegarder, d’accéder à un arbre de compétences mais aussi d’améliorer armes et boucliers. Au fil des avancées, on pourra mettre la main sur de nouveaux éléments pour la lance, permettant de déclencher de nouvelles attaques dévastatrices, ou de nouveaux éléments de bouclier pour parfaire les parades. S’ajoutent aussi à cela des charmes pouvant apporter des avantages en combat. Simple mais efficace comme une bonne escarmouche spartiate !
Le nerf de tout God of War : l’action !
Le gros morceau de God of War Sons of Sparta reste malgré tout ses séquences d’action. Les ennemis rencontrés ont tous leur manière de se battre et de riposter. Un code couleur indiquera comment esquiver ou parer certaines attaques, mais pour le reste des affrontements, le joueur est libre. Libre de déchaîner la puissance de la lance spartiate grâce à ses améliorations, libre de jouer du bouclier pour étourdir les ennemis mais aussi libre de combattre à distance à l’aide des différentes grâces de l’Olympe, mais attention à la jauge de magie !
Le jeu est également, contrairement à ses confrères de l’époque grecque, plutôt tactique. La jauge de santé de Kratos baisse relativement vite, il faudra donc apprendre à bien gérer les timings de parades et d’esquives, et surtout améliorer dès que possible l’équipement. Sons of Sparta, grâce à son level design simple mais inspiré, pousse le joueur à explorer et à trouver les coffres qui permettront de se rapprocher de la puissance d’un réel guerrier spartiate. Les orbes de sang délivrés lors des affrontements et trouvables dans les coffres peuvent également être obtenus en réalisant des petits défis disponibles un peu partout dans le monde (tuer tant d’ennemis, mettre le feu à tant d’objets…).
Enfin, petit point sympathique mais qui peut parfois devenir bordélique à l’écran, le jeu est entièrement faisable en coopération locale, l’un jouant Kratos, l’autre Deimos. La profusion d’effets à l’écran et les timings d’affrontement peuvent parfois perdre le joueur et transformer l’expérience en beat’em up lambda où les deux joueurs se battent pour porter le dernier coup.
Une réalisation impeccable
God of War Sons of Sparta étant entièrement en 2D, les équipes de développement de Santa Monica Studio et de Mega Cat Studios ont dû entièrement réinventer l’univers graphique de God of War. Les premiers épisodes étaient bien sombres et s’accordaient au moral dépressif et désespéré d’un Kratos ayant déjà tout perdu. Ici notre héros est dans la fleur de l’âge et il a encore beaucoup à apprendre. L’ensemble des décors parcourus ne sont en soi pas bien originaux mais profitent d’un soin tout particulier. Les forêts, grottes, plaines et autres cités spartiates visitées ont un vrai cachet. Tout semble vivant, le vent fait bouger les arrière-plans, les créatures dangereuses comme inoffensives se baladent dans les décors et les effets de lumières magnifient les panoramas et autres décors.
Même constat pour le bestiaire drôlement bien fourni. D’un cyclope véloce et brutal à des minotaures et autres squelettes, l’effet de surprise est présent lorsque nous devons affronter une nouvelle créature. Les différents environnements visités comportent tous leur propre ennemi mais également des énigmes qui seront réalisables grâce aux différents talents que nous dénicherons au fur et à mesure des quêtes (fronde, feu sacré…).
Le compositeur Bear McCreary (The Walking Dead, Astro Bot, 10 Cloverfield Lane) est de retour à la composition après avoir déjà œuvré sur l’opus de 2018. Ses morceaux sentent bon l’épique, mêlé à une ambiance délicieusement rétro. La composition graphique inspirée du pixel art, alliée aux différents designs des créatures et à la musique héritée des jeux d’antan, font de ce God of War Sons of Sparta une agréable déambulation sanglante en terre rétro.
Comme un certain nombre d’autres licences avant elle, God of War a tenté une incursion dans un autre univers et le moins que l’on puisse dire c’est que le Metroidvania lui va à ravir ! Sons of Sparta est une bouffée d’air frai dans cet univers et, adepte ou non du genre, le jeu est suffisamment exigeant sans être frustrant pour mériter votre attention. De l’action, de l’exploration et les dieux du panthéon grec, quoi de mieux en ce début d’année ?


