Le mois de septembre et son opulence de sorties ne vous a pas totalement rassasié ? Il vous reste encore un petit creux pour un dernier mets ? Nous avons ce qu’il vous faut en stock. End of Abyss semble bien parti pour passer sous les radars de cette fin d’année 2026 particulièrement frénétique. Et pourtant, sous ses allures étrangement familières, se cache une expérience singulière qui mérite amplement qu’on s’y attarde.
Si les images d’End of Abyss vous parlent, c’est normal. Le titre est développé par le studio suédois Section 9 Interactive dont une partie des équipes a travaillé sur la prolifique licence Little Nightmares. « Ah mais bien sûr ! » certains crieront à la lecture de cette ligne. Néanmoins, les apparences sont trompeuses, car malgré des similitudes plus qu’évidentes, End of Abyss se démarque de par une solide identité et une proposition inédite (contrairement à Reanimal). Préparez votre matériel, on descend dans les bas-fonds, là où la lumière du soleil n’est qu’un lointain souvenir.
(Test d’End of Abyss réalisé sur PS5 via une copie du jeu fournie par l’éditeur)
Encore et toujours seule dans le noir
Un silence de mort règne en maître. Les portes du complexe s’ouvrent lentement, laissant apparaitre tout un monde de béton baigné dans la pénombre. Accompagnée de soldats peu amicaux, la technicienne, l’héroïne de notre aventure, a pour mission de réinitialiser les sytèmes. Pourquoi ? Nous n’en saurons pas plus mais quelque chose cloche en ces lieux désolés.
La progression au sein de la salle de contrôle est lente. On descend toujours plus dans les ténèbres, via un tunnel qui semble sans fond. D’étranges bruits se font entendre au loin. Nous ne sommes pas seuls. Différents corps d’ouvriers et de savants jonchent le sol. À côté, une étrange matière organique non identifiée est collée au mur, une sorte de cordyceps à la Last of Us. Les bruits se rapprochent, il est temps de dégainer son arme. Et de survivre.
End of Abyss nous peint une ambiance, certes loin d’être innovante, mais qui a le mérite de faire mouche, surtout au vue de son genre. Le titre se présente comme un jeu d’action/aventure à la vue isométrique (ou semi-zénithale) qui fera instantanément penser à Little Nightmares (il faudra bien citer la saga quelques fois au fil du test).
Même dans sa direction artistique qui tourne à l’enfantin, End of Abyss transpire le travail de Tarsier Studios, à commencer par sa protagoniste qui n’est pas sans rappeler Six et son iconique imperméable jaune. Toutefois, la ressemblance est superficielle et les deux jeux prennent rapidement des chemins différents. Là où Six (et ses successeurs) suivait un parcours linéaire articulé autour de chapitres définis, End of Abyss se tourne vers le Metroidvania.
L’exploration sera donc de mise. Il faudra arpenter tous les recoins du complexe à la recherche de cartes d’accès et d’outils divers nécessaires à la progression. Un choix surprenant mais qui prend tout son sens après quelques minutes de jeu. Nous voilà donc seule, perdue en plein cœur d’une mégastructure souterraine, avec un pistolet sommaire en main. Bonne ambiance.
La meilleure défense, c’est l’attaque
Rallumer l’ordinateur central demandera bien des efforts. Très vite, on comprendra que le virus inconnu est responsable du néant. Pire encore, ce dernier prend le contrôle des morts pour attaquer les curieux. Mais là où Six est sans défense, la technicienne pourra user d’armes létales. Elle disposera d’un arsenal que l’on pourra améliorer au fil de la partie pour se tirer d’affaire. Abattre ses assaillants ne sera pas de tout repos, le tir demande une certaine adresse du joystick droit, mais force est de constater que la recette fonctionne. Et même si l’on peut répliquer à coup de balles bien placées, le sentiment de vulnérabilité (et de claustrophobie) se fera sentir.
On le mentionne rarement mais le sound design participe activement à l’ambiance funeste. Entendre des sons inquiétants, de corps qui se déchirent, des bêtes qui rampent et autres joyeusetés n’a rien de rassurant.
Sans boussole, se perdre dans les méandres est monnaie courante, la zone de jeu est vaste et assez variée pour ne jamais ennuyer. Libre à nous d’explorer de fond en comble, à la recherche de matériel et d’amélioration. Nous pourrons alors compter sur plusieurs salles de repos, disséminées un peu partout sur la carte, pour retrouver des forces et améliorer son équipement. À noter que l’on peut également activer des compétences pour obtenir quelques avantages bienvenus au combat.
Même les abysses ont leurs limites
Il n’y a pas que sur la DA qu’End of Abyss reprend Little Nightmares, il y a également sa narration toute aussi cryptique et avare d’explications. D’ailleurs, on ressentira la même frustration de ne pas pleinement comprendre le monde dans lequel on évolue, ce qui brise légèrement l’immersion. Oui, il n’est pas nécessaire de tout raconter mais il convient de donner un minimum de repères au joueur pour appréhender convenablement les événements.
Autre défaut à signaler, l’aventure est jugée trop longue (surtout si vous visez le 100%), elle a du mal à se conclure sur sa dernière partie. En résulte un sentiment de redondance qui gâche l’expérience globale. À noter également que plusieurs bugs sont venus gâcher la fête à plusieurs reprises, toutefois, une série de récents patchs semblent avoir corrigé ces désagréments.
End of Abyss est une excellente surprise. Le titre signé Section 9 Interactive arrive à se détacher de son modèle pour se forger une réelle identité (tout en gardant la peur comme élément central). L’ambiance véhiculée fonctionne à merveille et se perdre dans ce labyrinthe souterrain est un réel plaisir. On notera toutefois une certaine longueur sur sa fin et une difficulté assez éprouvante.
Si vous aimez les petits comme les grands cauchemars, et sous réserve que vous n’avez pas peur de vous perdre (Métroidvania oblige), nous ne pouvons que vous conseiller l’expérience. De notre côté, on scrutera les prochains projets de Section 9 Interactive avec grande attention.


