Le 7 avril dernier, une mise à jour discrète du client Steam a mis la puce à l’oreille des dataminers les plus attentifs. De nouveaux fichiers, repérés par le créateur de contenu Gabe Follower via le projet SteamTracking, contenaient des références répétées à un outil baptisé « SteamGPT ». Quelques heures après leur découverte, les fichiers en question disparaissaient du code.
Un outil de modération
Avant de s’emballer, précisons ce que SteamGPT n’est pas : il ne s’agit pas d’un assistant conversationnel destiné aux joueurs, à la manière du Gaming Copilot de Microsoft. Les variables présentes dans le code pointent vers un outil interne de modération, pensé pour aider les équipes de Valve à traiter l’avalanche quotidienne de signalements sur la plateforme, 69 millions d’utilisateurs actifs par jour, et donc le nombre de tickets qui en découlent.
Concrètement, le système analyserait automatiquement les rapports d’incidents dans les parties multijoueurs, en isolant le problème, le sous-problème et les preuves associées à une partie précise. Une autre fonction, baptisée SteamGPTSummary, irait plus loin en générant un résumé du profil de risque d’un compte suspect : historique de bannissements VAC, utilisation de Steam Guard, adresse mail à risque, pays d’origine du numéro de téléphone, et le fameux trust factor. Plutôt que d’éplucher des dizaines de pages de données à la main, les modérateurs auraient accès à une synthèse automatique.
Counter-Strike le Maudit
Le contexte n’est pas anodin. Counter-Strike 2 est depuis des années un champ de bataille entre Valve et les fournisseurs de cheats, et les joueurs savent à quel point les tricheurs gangrènent le jeu. VACNet, le système anti-triche lancé en 2018, a bien montré des signes encourageants, une mise à jour silencieuse début septembre aurait suffi à provoquer une vague de panique dans les communautés de tricheurs.
Mais le problème reste loin d’être réglé, et un outil capable d’analyser les comportements suspects en temps réel et d’assister les modérateurs humains serait une avancée significative pour l’anti-triche.
Reste que personne ne sait à quel stade de développement se trouve réellement SteamGPT, les fichiers découverts ne prouvent pas que l’outil est en production, ni même qu’il le sera un jour. Ce qui est certain, c’est que Gabe Newell a depuis longtemps affiché ses convictions sur le sujet, comparant l’émergence de l’IA à celle d’Internet ou des tableurs. L’entreprise a d’ailleurs autorisé dès 2024 l’utilisation d’outils d’IA dans les jeux publiés sur Steam, à condition de le signaler aux joueurs, une mention qui apparaît aujourd’hui sur près de 8 000 titres.

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