Cette nouvelle, tout droit venue du Japon, aura probablement deux effets possibles sur celui ou celle qui la recevra : soit elle fera naître un petit sourire, soit elle tirera un ou deux soupirs de légères consternations. Mais bien que cela ait une apparence de cynisme, on ne peut s’empêcher de trouver le fait cocasse. Il s’agit d’un jeu, un visual novel plus exactement, où les personnages que l’on sera amené à côtoyer ne sont autre que… des produits ménagers.
Le pouvoir de la pub vidéoludique ?
Ainsi, c’est à Automaton que l’on doit l’information (inutile ?) du jour : un certain Souji Souai Love jouable sur Mobile et PC (via navigateur). Et, de toute évidence, il ne sera pertinent qu’à l’intérieur même du pays du Soleil Levant. Car, on le verra bien rapidement, ce titre n’est rien d’autre qu’une publicité empruntant des atours attrayants, en exploitant notamment tout un pan de culture propre au Japon : l’univers des idols.
Une intention voulue par la société à l’origine de sa création : Kao Corporation, une entreprise officiant dans le domaine des cosmétiques et autres produits “chimiques”. Et, en l’occurrence, c’est de ces derniers dont il est question dans cette promotion vidéoludique où l’on est conduit à assister dans leur accessions à la gloire un boys band à ses débuts. Le fameux Shining4 dont tous les membres arborent une tête à l’effigie d’un objet particulier (détergent, papier toilette…).
Sur une durée d’environ 20 minutes, les joueurs sont donc invités à suivre le quotidien de ces stars d’un drôle de type. Mais évidemment tout cela n’est que prétexte pour découvrir en profondeur le produit en question, qui grâce à sa personnification acquiert tout une “notice biographique”. De quoi lui donner un aspect suffisamment sympathique. Même si, sur ce point-ci, on comptera avant tout sur le concours de certaines personnalités connues dans le domaine du doublage et de la musique.
Maintenant, est-ce que l’opération marketing aura son succès ? Peut-être… Car, bien que la proposition puisse paraître anecdotique, elle a tout de même un caractère “un tant soit peu bizarre” à exploiter au-devant d’un public qui, par la stupéfaction, peut développer un certain intérêt. Quoiqu’encore, il n’est pas certain que ce titre soit ce que l’on peut nommer un modèle d’excentricité. Par là, entendons seulement qu’il n’y a rien de très original dans la démarche. Surtout dans un pays où ce genre d’initiative n’est pas rare et où les œuvres WTF (si vous nous permettez l’appellation) sont légion.
Par ailleurs, en termes de jeux publicitaires, souvenons-nous par exemple de l’obscur PepsiMan sorti en 1999 sur PS1, qui, lui, à la différence de notre présent jeu, était bel et bien payant. Une existence qui pourrait soutenir davantage une relation, bien que n’allant pas forcément de soi, entre le jeu vidéo et la publicité. Ce qui ne peut surprendre : le jeu vidéo étant une forme d’expression comme une autre. Dès lors, s’il peut être utilisé pour transmettre des idées abstraites, rien ne l’empêche d’être purement fonctionnelle.
Certes, le résultat ne pourrait être autre que médiocre, et il nous serait difficile de le qualifier de réel jeu. Cependant, même s’il exploite opportunément le possible engouement que certains peuvent éprouver autour des « idols », ce Souji Souai Love échappe malgré tout au cynisme qui pourrait de tout droit le qualifier. Et pour cause : il a été pensé dans ce sens ; il ne s’agit pas d’un jeu s’offrant à la publicité, mais d’une publicité utilisant les codes du jeu. Ce qui est loin d’être le cas de soi-disant « vrais » jeux (tel un Fortnite) que leur éditeurs vouent à devenir de simples vitrines.

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