Dans un paysage médiatique fait d’annonces de licenciement, de fermetures de studios et de pertes financières significatives, il est agréable de constater que des initiatives continuent de fleurir. Que des jeux continuent d’être produits, que des investissements peuvent concerner ceux qui prennent des risques. Que certains souhaitent faire éclore de nouvelles propositions au milieu de la morosité des jeux vites-consommés vites-oubliés.
Il est fort probable que le nom de Pantaloon ne vous dise rien. C’est sûrement dû au fait que ce n’est pas un éditeur majeur. Et même si des dizaines de jeux indépendants hantent vos backlogs Steam, il y a peu de chance pour qu’un jeu publié par leurs soins y figure. Pantaloon c’est avant tout une newsletter créée en 2023 qui met en avant des titres indépendants, ces derniers étant toujours plus en quête de visibilité à mesure que la concurrence se multiplie (approximativement 20 000 jeux ont été ajouté sur Steam en 2025).
D’ailleurs, 2025 a marqué un tournant pour cette entreprise londonienne qui a développée ses activités pour se lancer dans la publication de jeux. Elle annonçait il y a quelques jours qu’un investissement de £150 000 allait permettre l’embauche de nouveaux employés et le financement de la création d’une plateforme dédiée à la publication de jeu en partenariat avec LootLocker.
Une newletter qui vous vend du bon
Pour l’instant rien ne sert de s’enflammer car les jeux partenaires de Pantaloon en tant qu’éditeur restent des expériences courtes mais engageantes. Ces titres qui mettent la narration au centre de l’expérience de jeu ne vont sans doute pas révolutionner la façon dont vous expérimentez ou conceptualisez le jeu vidéo comme medium.
Cependant, des jeux comme It takes a war ou Sub-verge pourront jouer sur vos attentes ou vous surprendre dans leurs thèmes. Le premier se cache derrière une esthétique rappelant Counter-Strike, est n’est autre qu’un jeu narratif qui pousse à la réflexion qu’en à notre rapport aux jeux de tir en équipe. Une esthétique qui diffèrent du second jeu qui combine choix de faction, gestion d’une équipe et confrontation avec l’horreur cosmique propre à Lovecraft.
Il est intéressant de remarquer que les projets impliquant l’utilisation de l’IA n’effraie pas l’éditeur qui a produit Acolyte. C’est sans doute parce que ce jeu de détective cadre l’utilisation de son assistant numérique pour le faire participer au bon déroulement du récit, et non pour en faire le cœur du gameplay.
À l’échelle de Steam, les jeux édités par Pantaloon ne sont pas des grands succès et n’ont pas un impact médiatique prononcé. Néanmoins, tous les jeux que vous trouverez sur leur page Steam arborent plusieurs centaines d’avis « très positifs ». L’entreprise semble réussir à cibler efficacement un public d’initiés, peu nombreux mais qui ont soif de propositions fortes, prête à bousculer, concernant des sujets peu ou pas explorés.
Après tout, Jamin Smith, le co-créateur de Pantaloon, cite expressément le jeu Horses comme un exemple de projet que Pantaloon souhaite soutenir. Ce qui en dit long sur les attentes que nous pourrions avoir concernant les prochains de l’éditeur qui veut prendre « plus de risque ».
Pour la suite : plus de jeu qui en ont dans le pantalon ?
Trois jeux seraient en cours de développement avec une sortie prévue cette année. Mais le jeune éditeur est à la recherche de nouveaux projets à soutenir. Sur la page officiel de Pantaloon, il est possible de pitcher son jeu afin de le faire rejoindre le label, quelques soit le stade de développement. C’est un maximum de £100 000 par projet qui peuvent être investies. À ce sujet, Jamin Smith, le co-créateur de Pantaloon, est clair : il se base sur une répartition « traditionnelle » des revenus, dès la sortie du jeu, sans nul besoin de parvenir à un quota définie de vente.
Il est même possible de recevoir des conseils et une aide directe concernant le positionning, la campagne marketing, la communication sur les réseaux sociaux, la mise en place de playtests ou même l’optimisation du produit sur les stores. Ce service de White labelling peut être complété par une mise en avant du jeu sur la newsletter.
Les partenariats avec des jeux qui ne font pas partie du label Pantaloon existent déjà, comme Lost in Random the Eternal Die (Thunderfull Publishing) ou Buckshot Roulette (Critical Reflex), et d’autres sont à prévoir avec les éditeurs Rawfury (Blue Prince) ou Fellow Traveller Games (Wander Stars).
Les membres de Pantaloon savent ce qu’ils veulent mettre en avant parce qu’ils connaissent leur public qu’ils ont fidélisé autour de leur ligne éditoriale. Alors, même si le jeu édité et développé par Pantaloon, Puzzletrunk, semble être un jeu d’énigme. Le fait que les épreuves se renouvellent tous les mois et que leur résolution permet d’obtenir la clé d’un jeu mis en avant par la newsletter, cela renforce l’interaction et la proximité entre toutes les parties.
Des choix qui font sens pour cette nouvelle année
Cela ne vous aura pas échappé, Pantaloon intervient dorénavant à toutes les étapes de la création d’un jeu. L’entreprise dispose de près de 40 000 personnes inscrit à sa newsletter, dont 50% systématiquement tous leurs mails et 90% ouvrent les mails contenant des clés de jeu.
Entre la newsletter, sa ligne éditoriale, les jeux mis en avant, les jeux produits, les développeurs aidés, et bientôt une plateforme mise à disposition pour publier des jeux sans intermédiaires et faire vivre sur plusieurs années un back catalogue « labélisé », une certaine osmose se crée. Comme dit en introduction, l’industrie du jeu vidéo comme on la connait depuis ces dernières décennies est en crise. Et l’état actuel de ses mastodontes n’est pas reluisante.
Le marché semble laissez de plus en plus de place aux communautés fidélisés de taille moyenne, ce qui n’a pas échappé aux investisseurs et aux joueurs. Comme pour la musique par exemple, le jeu vidéo s’est déjà doté de « labels indépendants » se spécialisant dans certains genres pour convenir à un certain public. Leur diversification ne peut être qu’une bonne chose puisqu’on l’a bien compris, étant donnée l’actualité, l’innovation et l’authenticité des expériences a de moins en moins de chance de provenir des gros éditeurs.

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