Après un faux départ notamment dû à la pandémie de COVID, George Lucas va enfin ouvrir son musée des arts narratifs. C’est le 22 septembre prochain qu’ouvrira ainsi le Lucas Museum of Narrative Art, à Los Angeles. Dans un incroyable bâtiment dessiné par l’architecte chinois Ma Yansong s’exposeront bien entendu les archives de George Lucas que ce dernier a conservé même après la vente de sa société à Disney, en 2012. Nul doute que tout le matériel relatif à la saga Star Wars sera l’une des attractions majeures de l’endroit.
Mais il ne s’agit pas uniquement d’un musée consacré à l’œuvre de George Lucas, mais aussi à sa collection personnelle, acquise au fur et à mesure des années, et réunie sous la bannière d’arts visuels narratifs.
« Dirigé par les fondateurs George Lucas et Mellody Hobson [son épouse, NDLR], le Musée Lucas est le reflet de la vision qu’ils partagent d’une institution dédiée au pouvoir de la narration à travers les images.
La passion de la collection, qui a accompagné George Lucas toute sa vie, date de son premier achat d’une œuvre d’art à l’université : un dessin d’Alley Oop, l’homme des caverne qui voyage dans le temps [un « comic strip » paraissant dans la presse américaine, NDLR]. Ensemble, Lucas et Hobson ont depuis construit et entretenu une collection allant d’illustrateurs tels que Norman Rockwell (…) à des artistes de bande dessinées comme (…) Frank Frazettz ou Robert crumb. La collection inclut aussi des artistes modernes et contemporains, dont Frida Kahlo, Jacob Lawrence… » – d’après le site officiel du musée, traduit par la rédaction.
On ne peut que se réjouir de voir offrir un tel écrin aux œuvres, et que soit mis sur un pied d’égalité les grands dessinateurs de BD et des peintres plus académiquement respectés. C’est aussi, surement, à cette condition que Lucas pouvait se permettre d’afficher les dessins préparatoires de Star Wars aux côtés d’autres œuvres de grands artistes plus généralement célébrés.
Pourtant, on ne peut s’empêcher de voir un oublié dans le projet. Un autre grand représentant des arts visuels narratifs : le jeu vidéo. Alors, oui, nous, joueurs, sommes peut-être un peu trop prompts à prendre la défense de notre média préféré quand celui-ci est méprisé ou sali, des commentaires dédaigneux d’Antoine De Caunes, ou ceux de Nagui, aux accusations injustes portées contre le média dès qu’un fait divers dépasse la compréhension. Mais ici, on parle d’une figure majeure de l’industrie : Lucasfilm Games a donné au jeu vidéo certains de ses plus grands classiques (Maniac Mansion, Day of the Tentacle, Monkey Island, Indiana Jones and the Fate of Atlantis…) et fait encore aujourd’hui figure de référence du genre point’n click.
Comment, et pourquoi, les productions vidéoludiques Lucasart en particulier, et les jeux vidéo en général, n’ont-ils pas eu droit à une petite place dans ce musée des arts visuels narratifs ?
Certes, le MoMA de New-York possède quelques jeux dans sa collection (35 en tout), et en « élit » régulièrement de nouveaux (mais rien depuis 2023). La Bibliothèque National de France fait le travail de conservation des œuvres et organise régulièrement des événements incluant le jeu vidéo. Mais le grand musée du jeu vidéo ouvert récemment en France est une initiative privée (de l’association MO5), comme le sont ceux de Berlin (le Computerspielemuseum ; oui, oui, en un seul mot !!) de de Rome (le ViGaMus).
Le succès aux Game Awards de Clair Obscur: Expedition 33 a offert une belle visibilité au jeu vidéo dans les médias nationaux généralistes. Et il y a du mieux dans la façon dont la discipline est perçue. Cependant, « l’oubli » du Musée Lucas nous montre que le chemin vers la reconnaissance au même titre que la littérature ou le cinéma, est encore long…

Fallout s’expose au Musée des Essais Atomiques de Las Vegas
DracoSH

Les Nintendo 3DS audioguides du Louvre tirent leur révérence
Lord Lothaire

La France inscrit la démoscène au patrimoine national
n1co_m