C’est probablement une coïncidence, mais elle est amusante : GTA 6 revient dans la ville où se déroulait justement le sixième épisode de la franchise, Vice City. GTA Vice City, bien que suivant de très près GTA III, est en effet le sixième jeu de la saga à être publié après Grand Theft Auto, GTA London 1969, GTA London 1961, GTA II et GTA III.
Cette ville est celle qui donne son titre au jeu, et qui convoque d’emblée la plus grosse inspiration pour l’ambiance néons et années 80 de cet opus : la série Miami Vice, diffusée en France sous le titre un peu fainéant « 2 flics à Miami ».
Si le « Vice » de Vice City fait directement référence à la corruption des personnages qui peuplent la ville, dans Miami Vice, le nom fait d’abord écho à la Miami Vice Unit, une brigade qui existe réellement et qui se concentre sur les activités criminelles liées aux mœurs, telles que le trafic de drogues, la prostitution ou le jeu d’argent.
Produite par Michael Mann (Heat, Collateral…), la légende veut que la série fut pitchée à la chaîne NBC par son créateur avec un concept simple : « MTV cops » (des flics MTV). Et en effet, l’esthétique du clip tient une place importante dans la série, plus importante même que le scénario. Les deux héros, interprétés par Don Johnson et Philipp Michael Thomas (qui double le personnage de Lance Vance dans GTA Vice City, comme un nouveau clin d’œil appuyé), ont ainsi une garde-robe soignée et minutieusement sélectionnée pour l’image. Ils changent plusieurs fois de tenue dans chaque épisode, et on crédite parfois le show pour avoir inventé le style de la veste de costume portée sur un t-shirt. Les skins offerts comme bonus de précommande de GTA 6 sont à ce titre une référence transparente à la série.
Qui dit MTV dit aussi et surtout musique. C’était l’une des grosses ruptures avec les séries policières classiques de l’époque : Miami Vice était truffé de hits pop du moment. Duran Duran, les Smiths, Police ou encore Depeche Mode habillaient les épisodes. L’une des scènes les plus cultes de la série consiste en une longue séquence quasi muette dans laquelle les personnages arpentent Miami en Ferrari au son de « In The Air Tonight », de Phil Collins.
C’est un autre point commun avec le jeu de Rockstar : Vice City est sorti avec une B.O. de plus de 100 morceaux qui, chacun, participaient à construire l’ambiance du jeu, et à la rapprocher de celle de la série. D’ailleurs, on pouvait écouter en jeu le mythique « Crockett’s Theme », générique de Miami Vice.
Il était question ci-dessus de la Ferrari de Sonny Crockett, et c’est encore un lien de parenté entre GTA et la série, même si, dans le jeu, il s’agit plus de varier le gameplay que de faire référence au show TV. La série, comme le jeu après elle, multipliait ainsi les véhicules à l’écran : les voitures, souvent de luxe, bien entendu (Ferrari donc, mais aussi Porsche, Maserati…), mais aussi les bateaux ou autres avions, comme autant d’occasions de créer du spectacle et des plans « cartes postales ».
Miami Vice voulait d’abord et surtout en mettre plein les yeux. Une mission largement accomplie, puisque en cinq saisons, la série a créé toute une esthétique, qui s’est étirée jusqu’au film dans lequel Michael Mann adapte sa propre série (Miami Vice, 2006). Une esthétique qui résonnera encore dans le prochain film de la licence (Miami Vice ’85, de Joseph Kosinski, prévu pour 2028), mais surtout dans le jeu vidéo le plus attendu de la décennie, GTA 6, qui sortira le 19 novembre prochain.

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