Sans surprise, l’actualité récente traîne encore de nombreuses inquiétudes concernant l’utilisation d’IA générative, et plus particulièrement dans le domaine du doublage. Mais notre histoire du jour concerne une licence Capcom peu bavarde : Mega Man. Il y a deux jours Ben Diskin annonçait sur Bluesky son regret de ne pas renouveler l’aventure pour le prochain épisode, Mega Man: Dual Override. La raison ? L’acteur a été confronté à un ultimatum par Capcom : sa candidature serait retenue à la condition de travailler sans la protection de son syndicat, qui n’est autre que le plus grand syndicat d’acteur américain la SAG-AFTRA.
La SAG-AFTRA rejoint le combat contre l’IA
Capcom dans sa grande bonté a garanti que sa voix serait entièrement à l’abri et ne servirait pas à l’entraînement d’une IA. Si l’offre garantie par un contrat écrit paraît honnête sur le papier, difficile de croire qu’une grande entreprise continuera de camper sur ses positions dans un respect indéfectible quand d’autres ne se gênent pas à rogner sur les coûts et à ignorer les droits de leurs employés.
On comprend tout à fait l’acteur lorsqu’il dit ne pas avoir « les moyens mentaux, émotionnels et financiers » de porter l’affaire en justice si le contrat venait inévitablement à se rompre. De plus, étant membre de la SAG-AFTRA qui avait organisé une grève historique en opposition à l’utilisation de l’IA dans l’industrie du divertissement, il se voit mal aller à l’encontre de celui-ci.
L’acteur le rappelle lui-même, dans un contexte où les licenciements se multiplient, l’avenir est bien trop incertain dans l’industrie du jeu vidéo pour ne pas faire partie d’un syndicat qui garantit un minimum de protection. Après une diatribe justifiée, portée sur la place publique, qui indisposerait n’importe quel employé japonais de Capcom, l’acteur américain affirme qu’il souhaite tout de même le meilleur au studio.
La réaction du syndicat SAG-AFTRA ne s’est pas faite attendre puisqu’une notice a été envoyée aux membres indiquant l’interdiction à toute personne de travailler sur le projet Mega Man: Dual Override sous peine de sanctions (poursuite, expulsion du syndicat…). Capcom peut toujours engager un acteur non syndiqué mais cet évènement va sans doute perturber le recrutement de la nouvelle voix de son robot.

2026, une année Mega Man(quée) ?
Cet évènement qui pourrait paraître mineur augurerait potentiellement un changement de politique de la part de Capcom. Si son dernier succès en date, Resident Evil 9: Requiem, disposait dans son casting d’acteurs syndiqués, il n’est pas dit que la firme continuera à poursuivre sur cette voie. Mega Man n’est pas une licence de premier plan, et elle est loin d’égaler son engouement d’antan. Cependant, Mega Man 11 est l’opus le plus vendu de la série et le dernier Capcom Spotlight avait mis l’emphase sur Rock Man avec deux nouveaux jeux.
Par conséquent, malgré des signes qui indiqueraient la volonté de Capcom de mettre à l’honneur Mega Man, l’entreprise n’hésite pas à faire planer une mauvaise publicité sur la licence pour quelques économies. En cela, Capcom rejoint Microsoft, une entreprise bien plus habituée qu’elle à faire l’actualité pour ses décisions liées à l’utilisation de l’IA dans le doublage. Or, le choix de remplacer la totalité d’un casting syndiqué et anti-IA par un autre plus laxiste était jusqu’à présent plus une problématique des comédiens français qu’américains.
Ainsi, Mega Man ayant une base de fans moins développée, Capcom pourrait commencer petit avant de s’attaquer à des franchises plus importantes et par la même occasion, ouvrir la voie à d’autres entreprises pour traiter leurs problèmes avec les doubleurs de la même façon, quelque soit les politiques en vigueur.

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