C’est au micro du podcast « Mike & Rami Are Still Here » que Lucas Pope, papa de Papers, Please et de Return of the Obra Dinn, s’est exprimé au sujet de ses prochains projets. Ou plutôt, qu’il a expliqué pourquoi il ne s’exprimait pas. Car si d’ordinaire, le développeur est peu avare en informations sur son travail, il est de plus en plus réticent à discuter de ses futurs jeux à cause de l’IA générative, encore et toujours au centre de tous les débats. Une posture inhabituelle pour un créateur indépendant ?
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Dans l’interview, Lucas Pope déclare qu’il aime parler de son travail, mais qu’il a choisi de rester discret. Les fans de jeux indépendants seraient pourtant ravis d’avoir des nouvelles ! Mais dans le climat actuel, il préfère en dire le moins possible, car « de nos jours, la situation est très différente » :
Je ne peux pas savoir si mes idées vont être régurgitées par l’IA ou simplement copiées par quelqu’un. Ce n’est pas une règle immuable, mais j’ai un mauvais pressentiment.
C’est malheureusement les seules informations qu’on aura à ce sujet… Faut-il voir là une nouvelle posture que devront adopter les créateurs indépendants pour préserver leurs jeux déjà durement développés ?
Même s’il est éloigné des grosses productions, Lucas Pope a la chance de s’être fait un petit nom auprès des joueurs. Papers, Please et Return of the Obra Dinn sont deux titres relativement connus pour qui s’intéresse à la scène indé. Ses autres projets, comme Mars After Midnight, en exclusivité sur la Playdate, attirent aussi facilement les curieux. Dans l’interview, il rappelle qu’il a bien conscience d’être un cas particulier, même si « les gens pourraient ne pas aimer » son prochain jeu.
Mais pour un Pope qui peut se priver de communication (ou attiser la curiosité par la rétention d’informations volontaire) et être quasi sûr que des joueurs seront au rendez-vous, combien de développeurs indépendants n’ont pas ce luxe ? Courent-ils un vrai risque en évoquant leurs projets d’être immédiatement récupérés par une IA qui aurait ensuite des « idées nouvelles » à donner à qui demandera ?
On savait que l’IA avait un potentiel destructeur sur l’industrie du jeu vidéo (entre les humains remplacés par des machines à tous les stades de conceptions, jusqu’à l’expérience de jeu qui pourrait bientôt être pilotée par intelligence artificielle). Et si les opportunistes n’ont pas attendu l’IA pour copier et s’approprier les formules à succès, on imagine que ces outils rendent le plagiat encore plus facile et rapide.

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