Dernièrement, Valve semble beaucoup plus regardant sur les titres qui visent une place dans sa boutique en ligne, n’hésitant pas à leur opposer son veto. Une situation que connaît actuellement HORSES, un jeu d’horreur à la première personne du studio italien Santa Ragione dont la sortie est attendue pour le 2 décembre prochain (au prix de 5 euros sur l’Epic Games Store, Humble Store, GOG et Itch.io). Qu’est-ce qu’on lui reproche exactement ? Est-ce bien mérité ?
On le lui accordera sans mal : HORSES a tout l’air d’être une production très particulière, et même dérangeante. Il suffit d’accorder un regard sur le synopsis, lequel est d’ailleurs étayer par un trailer très évocateur (et même déconseillé à un certain public), pour se faire une idée de la chose. Ainsi, le titre propose à son participant de plonger dans la peau d’un fermier qui devra, au cours de sa mission d’une durée quatorze jours, œuvrer au bien-être de chevaux.
HORSES, un titre trop perturbant ?
Jusqu’ici, il n’y a rien de très perturbant. L’objectif semble sain, en plus d’être tout à raccord avec le titre du jeu… Sauf qu’en guise de chevaux, on aura la curieuse surprise de faire face à une bande d’humains, totalement nus, grimés en équidés. Et là est le problème. D’autant que la réalisation semble faite pour accentuer l’effet délirant et malsain que cette configuration procure. Pour cause, HORSES flirte, en toute apparence, avec plusieurs genres dont le septième art si l’on se fie aux techniques mises à profit (parmi lesquelles se trouve la prise de vue réelle).
Ce que lui reproche Steam est donc relatif à son contenu, qui, selon la plateforme, dépasserait largement les normes d’acceptation. Et l’un des éléments retenus contre HORSES serait tout à fait problématique : un passage à teneur sexuelle engageant un personnage mineur. Pourtant Santa Ragione l’assure : aucun contenu de ce genre, ni même le suggérant, n’intervient durant le jeu. Valve est d’ailleurs plutôt vague sur le motif de rejet du jeu :
« Nous avons évalué le jeu en 2023. À cette époque, le développeur avait indiqué dans Steamworks qu’il prévoyait de sortir le jeu quelques mois plus tard. Sur la base du contenu de la page du magasin, nous avons informé le développeur que nous devions évaluer la version elle-même. Cela arrive parfois lorsque le contenu de la page du magasin laisse craindre que le jeu ne respecte pas nos directives. Après avoir testé la version et examiné le contenu, notre équipe a expliqué au développeur pourquoi nous ne pouvions pas commercialiser le jeu sur Steam, conformément à nos règles et directives d’intégration. Peu de temps après, le développeur nous a demandé de reconsidérer notre décision. Notre équipe interne chargée de l’examen du contenu en a longuement discuté et a communiqué au développeur notre décision finale de ne pas commercialiser le jeu sur Steam. »
Autant dire que l’entreprise est quelque peu avare sur les raisons mêmes du refus. Mais, pour le studio italien, il ne semble pas y avoir de doute : il ne saurait être question de pornographie. La nudité, ou autre présence “scandaleuse”, sont (d’après les mots partagés à l’occasion d’une FAQ) significatives et cherchent avant toute chose à développer une critique vis-à-vis de certains maux qui conditionnent la société humaine tels le pouvoir, la violence ou encore l’absurdité inhérent à l’espèce.
Horses se caractériserait donc comme une œuvre aux ambitions subversives qui, par l’excès, tient à être édifiante. Une sorte de Salô vidéoludique ? Les cinéphiles nous le diront… Toujours est-il que ce dessein semble être, du point de vue de notre créateur italien, la source du préjudice. Ce qui poserait Valve comme un acteur contraire au principe de la création artistique. Car, ce que l’on peut inférer des propos émis par Santa Ragione, c’est que HORSES manquerait de cette « neutralité » nécessaire pour intégrer le catalogue de Steam.
Toutefois, Santa Ragione le concède : son titre peut naturellement choquer. Seulement, ce qu’il déplore c’est le manque de communication de la part des équipes de Valve. Plutôt que d’établir et entretenir le dialogue avec le studio, pour possiblement aboutir à une version viable, la société américaine se serait seulement contenter d’entériner son refus apposé à la première proposition du jeu alors encore en développement.
Quoi qu’il en soit, cette absence sur le mastodonte Steam est assez pénalisante pour HORSES qui sera inévitablement amputé d’une importante visibilité. Mais, peut-être trouvera-t-il une (maigre) compensation dans cette mésaventure, en avivant avec cette interdiction un certain intérêt de la part d’un public qui, sans cela, serait passé au travers.

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